HERMIO.NE, CLÉO.NE
CLÉOSE.
Vous VOUS perdez, madame; et vous devez songer...
UERUIONE.
Que je me perde ou non , je songe à me venger.
Je ne sais même encor, quoi qu'il m'ait pu promettre,
Sur d'autres que sur moi si je dois m'en remettre :
Pyrrhus n'est pas coupable à ses yeux comme aux miens :
Et je tiendrais mes coups bien plus sûrs que les siens.
Quel plaisir de venger moi-même mon injure ,
De retirer mon bras teint du sang du parjure ,
Et , pour rendre sa peine et mes plaisirs plus grands ,
De cacher ma rivale à ses regards mourants!
Ah ! si du moins Oreste , en punissant son crime ,
Lui laissjut le regret de mourir ma victime !
Va le trouver : dis-lui qu'il apprenne à l'bigrat
Qu'on l'immole à ma haine, et non pas à l'État.
Chère Cléone , cours : ma vengeance est perdue ,
S'il ignore en mourant que c'est moi qui le tue.
CLÉOSE.
Je vous obéirai. Mais qu'est-ce que je voi?
O dieux ! qui l'aurait cru , madame? c'est le roi !
HERMIONE
Ah ! cours après Oreste ; et dis-lui , ma Cléone , Qu'il n'entreprenne rien sans revoir Hermione.