‹ Théâtre complet. Précédé d'une noticeChapitre 16 sur 566 · ACTE U, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE U, SCÈNE I

J'en voyais et dehors et dedans nos qiurailles : Chaque assaut à mon œur livrait mille combats ; Et mille fois le jour je souffrais le trépas.

HÉMON

Mais enfin qu'ai-je fait , en ce malheur extrême , Que ne m'ait ordonné ma princesse elle-même ? J'ai suivi Polynice ; et vous l'avez voulu : Vous me l'avez prescrit par un ordre absolu. Je lui vouai dès lors une amitié sincère ; Je quittai mon pays , j'abandonnai mon père ; Sur moi , par ce départ , j'attirai son courroux , Et , pour tout dire enfin , je m'éloignai de vous.

AKTIGONE.

Je m'en souviens , Hémon , et je vous fais justice ; •

C'est moi que vous serviez en servant Polynice :

Il m'était cher alors comme il l'est aujourd'hui ;

Et je prenais pour moi ce qu'on faisait pour lui.

Nous nous aimions tous deux dès la plus tendre enfance.

Et j'avais sur son cœur une entière puissance ;

Je trouvais à lui plaire une extrême douceur,

Et les chagrins du frère étaient ceux de la s<rur.

Ah ! si j'avais encor sur lui le même empire ,

Il aimerait la paix , pour qui mon cœur soupire :

Notre rx)mmim malheur en serait adouci :

Je le verrais , Hémon-, vous me verriez aussi!

HÉMOX.

De cette affreuse guerre il abhorre l'image. Je l'ai vu soupirer de douleur et de rage , Lorsque, pour remonter au trône paternel. On le força de prendre un chemin si cruel. Espérons que le ciel, touché de nos misères, Achèvera bientôt de réunir les frères : Puisse-t-il rétablir l'amitié dans leur cœur, Et conserver l'amour dans celui de la sœur !

ANTIGONE

Hélas ! ne doutez point que ce dernier ouvrage '

Ne lui soit plus aisé que de calmer leur rage :

Je les connais tous deux , et je répondrais bien

Que leur cœur, cher Hémon, est plus dur que le mien.

Mais les dieux quelquefois font de plus grands miracles.

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