‹ Théâtre complet. Précédé d'une noticeChapitre 182 sur 566 · ACTE I , SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE I , SCENE I

Votre nom est dans Rome aussi saint que le sien ; A peine parle-t-on de la triste Octavie. Auguste votre aïeul honora moins Livie : Néron devant sa mère a permis le premier Qu'on portât des faisceaux couronnés de laurier. Quels effets voulez-vous de sa reconnaissance ?

AGRIPPINE

Un peu moins de respect , et plus de confiance.

Tous ces présents , Albine , irritent mon dépit :

Je vois mes honneurs croître , et tomber mon crédit.

Non , non , le temps n'est plus que Néron jeune encore

Me renvoyait les vœux d'une cour qui l'adore ;

Lorsqu'il se reposait sur moi de tout l'État ;

Que mon ordre au palais assemblait le sénat ;

Et que , derrière un voile , invisible et présente ,

J'étais de ce grand corps l'àme toute-puissante.

Des volontés de Rorde alors mal assuré ,

Néron de sa grandeur n'était point enivré.

Ce jour, ce triste jour, frappe encor ma mémoire. Où Néron fut lui-même ébloui de sa gloire , Quand les ambassadeurs de tant de rois divers Vinrent le reconnaître au nom de l'univers. Sur son trône avec lui j'allais prendre ma place : J'ignore quel conseil prépara ma disgrâce ; Quoi qu'il en soit , Néron , d'aussi loin qu'il me vit , Laissa sur son visage éclater son dépit. Mon cœur môme en conçut un malheureux augure. L'ingrat , d'un faux respect colorant son injure , Se leva par avance , et , courant m'embrasser, Il m'écarta du trône où je m'allais placer. Depuis ce coup fatal le pouvoir d'Agrippine Vers sa chute à grands pas chaque jour s'achemine. L'ombre seule m'en reste , et l'on n'implore plus Que le nom de Sénèque et l'appui de Burrlms.

ALBINE

Ah ! si de ce soupçon votre âme est prévenue , Pourquoi nourrissez-vous le venin qui vous tue? Daignez avec César vous éclaircir du moins.

AGRIPPINE

Césca ne me voit plus , Albine , sans témoins : En public , à mon heure , ou me donne audience.

218 BRITANKIGUS.

Sa réponse est dictée, et même son silence. •■ i .[-ir.l gi/o7 Je vois deux surveillants, ses maîtres et les mUiaSdijô luoM Présider l'un ou l'autre à tous nos entretiens. >i/i<| .fshsO Mais je le poursuivrai d'autant plus qu'il m'évite a soov owP De son désordre , Albine , il faut que je profite, 'uot» , «ooV J'entends du bruit; on ouvre. Allons subitement ni «ai gtmd Lui demander raison de cet enlèvement : . ni\* , ioni VA Surprenons, s'il se peut, les secrets de son âine»!., ôliH :,ioî^ Mais quoi! déjà Burriius sort de chealui!icT-x;»t>xiatèiq guO

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Au nom de l'empereur j'allais vous informer,) ^ji) j„i;j jarisq

D'un ordre qui d'abord a pu vous alarmer, , . g^i^ jg^ y gj^.}^

Mais qui n'est que l'effet d'une sage conduitÇji;^j^f„'| gj^g ^^

Dont César a voulu que vous soyez instruite, j^jo^ ^u g-rtn.!

ACRlPlUiNE.

Puisqu'il le veut , entrons ; il m'en instruirj( mJeaS(.yrtY ^f, ^'i BuiiKuus. ; -i/o/Vbairp

César pour quelque temps s'est soustrait à nos y«fS|tfq gjgM Déjà par une porte au public moins connue . ,^,-7

L'un et l'autre consul vous avaient prévenue , ,, , r^

Madame. Mais souffrez que je retourne exprès... , ^ ,

AliKIPPINE. ., I

Non , je ne trouble point ses augustes secrets. , . i ,.,.

Cependant voulez-vous qu'avec moir.s de contrainte, , ,^ji L'un et l'autre ime fois nous nous parlions sans ff^int^.J .-.^ o

BURRHUS. , 1, .,^ ^f,y

Burrhus pour le mensonge eut toujours trop d'hoiTcar

ACRIPPINE.

Prétendez-vous longtemps me cacher l'empereur? Ne le verrai-je plus qu'à titre d'importune.' Ai-je donc élevé si haut votre fortune Pour mettre une barrière entre mon fils et moi? Ne l'osez-vous laisser un moment sur sa foi? Entre Sénèque et vous disputez-\ ous la gloire A qui m'effacera plus tôt de sa mémoire ?

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