‹ Théâtre complet. Précédé d'une noticeChapitre 198 sur 566 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

BURRHUS.. -.ii.l-los êov ^-jr-t î- -.mtof!

Enfin , BuiThus , Néron découvre son gM« : Cette férocité que tu croyais Bécliir

De tes faibles liens est prête à s'affranchir. -

En quels excès peut-être elle va se répandre ! O dieux! en ce malheur quel conseil dois-je prendre? Sénèque , dont les soins me devraient soulager, '^ariniA loV Occupé loin de Rome , ignore ce danger. Mais quoi ! si , d'Agrippine excitant la tendresse , Je pouvais... La voici : mon bonheur me l'adresse. : ^''^îrot ir' :'■' '-» ';■ ■' "■ i =^ïnifTuH ,>'

, ATîîb n^' S G^È'N E<' jm ^n!q ne' ■ ■

'.'iS'idMpîOiil IJ

AGRIPPINE , BUREHUS , ALBLNE.

Eh bien ! je me trompais , Burrhus , dans mes soupçons ?

Et vous vous signalez par d'illustres leçons !

On exile Pallas , dont le crime peut-être

Est d'avoir à l'empire élevé votre maître.

Vous le savez trop bien ; jamais , sans ses avis ,

Claude, qu'il gouvernait, n'eût adopté mon fils. ^

Que dis-je? à son épouse on domje une rivale ; ,

On affranchit Néron de la foi conjugale :

Digne emploi d'un ministre ennemi des flatteurs ,

Choisi pour mettre un frein à ses jeunes ardeurs ,

De les flatter lui-même , et nourrir dans son âme

Le mépris de sa mère et l'oubli de sa femme !

BIRRUCS.

Madame, jusqu'ici c'est trop tôt m'accuser.

L'empereur n'a rien fait qu'on ne puisse excuser.

N'imputez qu'à Pallas un exil nécessaire :

Son orgueil dès longtemps exigeait ce salaire *,

Et l'empereur ne fait qu'accomplir à regret

Ce que toute la cour demandait en secret.

Le reste est un malheur qui n'est point sans ressource :

Des larmes d'Octavie on peut tarir la source.

Mai* calmez vos transports; par un chemin plus doux

i40 BRITANiSICUS.

Vous lui pourrez plutôt ramener son époux : Les menaces, les cris, le rendront plus farouelie.

AGRIPPLNE.

Ah ! l'on s'efforce en vain de me fermer la bouche.

Je vois que mon silence irrite vos dédains ;

Et c'est trop respecter l'ouvrage de mes mains.

Pallas n'emporte pas tout l'appui d'Agrippine ;

Le ciel m'en laisse assez pour venger ma ruine .

Le fils de Claudius commence à ressentir

Des crimes dont je n'ai que le seul repentir.

J'irai , n'en doutez point , le montrer à l'armée ,

Plaindre aux yeux des soldats son enfance opprimée

Leur faire, à mon exemple, expier leur erreur.

On verra d'un côté le fils d'un empereur

Redemandant la foi jurée à sa famille ,

Et de Germanicus on entendra la fille :

De l'autre , l'on ven-a le fils d'Énobarbus ,

Appuyé de Sénèque et du tribun Burrhus ,

Qui, tous deux de l'exil rappelés par moi-même

Partageât à mes yeux l'autorité suprême.

De nos crimes communs je veux qu'on soit instruit,

On saura les chemins par où je l'ai conduit.

Pour rendre sa puissance et la vôtre odieuses ,

J'avouerai les rumeurs les plus injurieuses ;

Je confesserai tout, exils , assassmats,

Poison môme... ,

BURRHUS

Madame , ils ne vous croiront pas :

Us sauront récuser l'injuste stratagème D'un témoin irrité qui s'accuse lui-môme. Pour moi , qui le premier secondai vos desseins . Qui fis même jurer l'armée entre ses mains , Je ne me repens point de ce zèle sincère. Madame , c'est ua fils qui succède à son père. En adoptant Néron , Claudius par son choix De son fils et du vôtre a confondu les droits. Rome l'a pu choisir. Ainsi , sans être injuste , Elle choisit Tibère adopté par Auguste ; Et le jeune Agrippa , de son sang descendu , Se vit exclu du rang vainement prétendu. Sur tant de fondements sa puissance établie

Page 1