‹ Théâtre complet. Précédé d'une noticeChapitre 199 sur 566 · AGRIPPINE, ALBINE · texte numérisé non relu

AGRIPPINE, ALBINE

ALBINE

Dans quel emportement la douleur vous engage , Madame ! L'empereur puisse-t-il l'ignorer !

AGRIPPINE

Ah ! lui-même à mes yeux puisse-t-il se montrer !

ALBINE

Madame, au nom des dieux , cachez votre colère. Quoi ! pour les intérêts de la sœur ou du frère , Faut-il sacrifier le repos de vos jours ? Contraindrez- vous César jusque dans ses amours?

AGRIPPINE

Quoi ! tu ne vois donc pas jusqu'où l'on me ravale , Albine? C'est à moi qu'on donne une rivale.- Bientôt, si je ne romps ce funeste lien , Ma place est occupée , et je ne suis plus rien. Jusqu'ici d'un vain titre OctaAie honorée , Inutile à la cour en était ignorée :

Les grâces , les honneurs par moi seule versés , M'attiraient des mortels les vœux intéressés. Une autre de César a surpris la tendresse ; Elle aura le pouvoir d'épouse et de maîtresse ; Le fruit de tant de soins , la pompe des Césars , Tout deviendra le prix d'un seul de ses regards Que dis-je? l'on m'évite , et , déjà délaissée... Ah ! je ne puis , Albine , en souffrir la pensée. Quand je devrais du ciel hâter l'arrêt fatal , Kéron, l'ingrat Néron... Mais voici son rival.

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