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ACTE m, SCÈ>E Vn

Madame : il me restait d'être oublié de vous.

JUNIE

Dans un temps plus heureux , ma juste impatience Vous ferait repentir de votre défiance ; Mais Néron vous menace : en ce pressant danger, Seigneur, j'ai d'autres soins que de vous affliger. Allez , rassurez-vous , et cessez de vous plaindre : Néron nous écoutait, et m'ordonnait de feindre.

BRITANNICCS. t

Quoi! le cruel...

JUNIE

Témoin de tout notre entretien , D'un visage sévère examinait le mien , Prêt à faire sur vous éclater la vengeance D'un geste confident de notre intelligence.

BUITASSICUS.

Néron nous écoutait, madame ! Mais , hélas ! Vos yeux auraient pu feindre et ne m'abuser pas : Ils pouvaient me nommer l'auteur de cet outrage. L'amour est-il muet , ou n'a-t-il qu'un langage ? De quel trouble un jeg^dpouy^J me préserver ! llfallait...,.,jq^^,^^,,^,,.,^:„.;;,:, JimiE.

n fallait me taire et vous sauver.

Combien de fois , hélas ! puisqu'il faut vous le dire , Mon cœur de son désordre allait-il vous instruire ! De combien de soupirs interrompant le cours, Ai-je évité vos yeux que je cherchais toujours ! Quel tourment de se taire en voyant ce qu'on aime , De l'entendre gémir, de l'aflUger soi-même , Lorsque par im regard on peut le consoler ! Mais quels pleurs ce regard aurait-il fait couler ! Ah ! dans ce souvenir, inquiète , troublée , Je ne me sentais pas assez dissimulée : De mon front effrayé je craignais la pâleur; Je trouvais mes regai-ds trop pleins de ma douleur : Sans cesse il me semblait que Néron en colère Me venait reprocher trop de soin de vous plaire ; Je craignais mon amour vainement renfermé ; Enfin , j'aurais voulu n'avoir jamais aimé. Hélas ! pour son bonheur, seigneur, et pour le nôtre ,

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Il n'est que trop iustruit de mon cœur et du vôtre î .,,;.. Allez , encore un coup , cachez- vous à ses yeux : "^ ^ **^ *3 Mon cœur plus à loisir vous éclaircira mieux. De mille autres secrets j'aurais compte à vous rendre

BRITVNNICUS.

Ah ! n'en voilà que trop : c'est trop me faire entendre Madame , mon bonheur, mon crime , vos b;)ntés. Et savez- vous pour moi tout ce que vous quittez ?

(Se jetant aux pieds de Junie.)

Quand pourrai-je à vos pieds expier ce reproche r

JUNIE

Que faites-vous? Hélas! votre rival s'approche. SCÈNE VIII.

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