HÉROS
Je ne vous flatte point , je me plaignais de vous , Burrims ; je vous ai crus tous deux d'intelligence : Mïds son inimitié vous rend ma confiance. Elle se hâte trop , Burrhus , de triompher : J'embrasse mon rival , mais c'est pour l'étoulTer
BIRRHIS. ■1«J,'ïn0Bf;
Quoi , seigneur !
NÉRON. Vf^^.-'-i '
C'en est trop-, il faut que sa ruioe Me délivre h jamais des fureurs d'Agrippine : lant qu'il respirera , je ne ^^s qu'à demi. Elle m'a fatigué de ce nom ennemi ; Et je ne prétends pas que sa coupable audace Une seconde fois lui promette ma place.
BL'RRHIS.
Elle va donc bientôt pleurer Britannicus?
NÉRO.N
.\vant la fin du jour je ne le craindrai plus.
BIRRHLS.
Et qui de ce dessein vous inspire l'envie .'
.Ma gloire, mon amour, ma sûreté , ma vie.
BURRHIS.
Non , quoi que vous disiez, cet horrible dessoin Ne fut jamais, seigneur, conçu dansvotce,s^i|i.
Burrims !
BURRHIS.
De votre bouche , ô ciel ! puis-je l'apprendre? Vous-même sans frémir avez-vous pu l'entendre ?
256 BRITANN'ICUS.
SôRgez-TOUs dans queVsahg ^btis ailez'Voùs baigner? Néron dans tpus les cœurs est- il las de régnçnft. jj^^g^^q gu^y Que dira-t-on de vous? Quelle est votre pens^?v;»ijgig3T goo'/ >"ÉRON. i,jai;*8 noe[>3 9iloV
Quoi! toujours enchaîné de ma gloire passée,; g^i Jnsngifilq , Jï J'aurai devant les yeu\ je ne sais quel amourK^igib , eicibuo? ol Que le hasard nous donne et nous âte en un jo^ff?,(J07 ho , noi'î Soumis à tous leurs voeux , à mes désirs contraire ,'fn j^om M Suis-je leur empereur seulement pour leur plaire? , ^ gm sn nO
BURRHUS. ..-,jJMi)alO» S9ll6 8HOY i^
Et ne suflit-il pas , seigneur, à vos soulvqii|^: ,?)
Que le bonheur public soit un de vos bienfaitsl^g ^j^nq bIi .
C'est à vous à choisir, vous êtes encor maître.i qo ifi^n^o
Vertueux jusqu'ici, vous pouvez toujours rôtrftfe'i') «'.>' v-
Le chemin est tracé, rien ne vous retient plus^» jd^nnii/
Vous n'avez qu'à marcher de vertus en vertu^j oop eio? oj, aie!''
Mais si de vos flatteurs vous suivez la maxime,/ «« onp «tof '••
Il vous faudra , seigneur, courir de crime en cntaeit>(\ xalnaq â/".
Soutenir vos rigueurs par d'autres cruautés , , :ao-8uo/ iup
Et laver dans le sang vos bras ensanglantés, i^fl aiJoT saloqqA
Britannicus mourant excitera le zèle
De ses amis, tout prêts à prendre sa querellejobnBnrab siip ! ri'A
Ces vengeurs trouveront de nouveaux défenseurs ,
Qui , même après leur mort , auront des successeur :
Vous allumez un feu qui ne pourra s'éteindre* ,i n- no :ima^i^''
Craint de tout l'univers, il vous faudra tout craindre ,jj)'j aoof ;•■;
Toujours punir , toujours trembler dans vos projets ,jL .giooo v
Et pour vos ennemis compter tous vos sujets.
Ah ! de vos premiers ans l'heureuse expérience jr, nom eju;< I Vous fait-elle , seigneur, haïr votre innocence? Songez-vous au bonheur qui les (l signalés ? Dans quel repos, ô ciel ! les avez-vous coulés! Quel plaisir de penser et de dire en vous-même -. n Partout en ce moment on me béuit , on m'aime ; « On ne voit point Je peuple à mon nom s'alarmer; ui'i .losnjit?^ « Le ciel dans tous leurs pleurs ne m'entend point nemmotOit -'t.ï « Leur sombre inimitié ne fuit point mon visage ; . -.idt '•?■ 'i / « Je vois voler partout les cœurs à mou passage ! » /a lis» 6 i)II. * Tels étaient vos plaisirs. Quel changement, ô dieux! tes rA&I i.' Le sang le plus abject vous était précieux :i(o<i«j ueaTUon ai auÇ Un jour, il m'en souvient, le sénat équitable
, aio> &3 «icnfioyji ai • ssaêfi Jeo'^vMeiaiBî^
Vous pressait desoùscrire à la mort d'un coiipabie P^^ "^■'^'^- Vous résistiez , seigneur, à leur sévérité ; '>J-fiiib 9u9
Votre cœur s'accusait de trop de cruauté ; *:t, plaignant les malheurs attachés à l'ejnpii'g? f^maoiliouQ Je voudrais , disiez- vous , ne savoir pas écrire." ' '"«^^^ '*'"'« ^ Non, ou vous me croirez, ou bien de ce malheur '''^*'' ?' *"^ Ma mort m'épargnera la vue et la douleur -. "■^' '"^^ ^ ««flioo8 On ne me verra point survivre à votre gloireJ^"'^ """^^ H-i'wS Si vous allez commettre une action si noire ^
(Se jetant aux pieds de Néron.) " ««<ï ^''^'^"^ ^ *^
Me voilà prêt, seigneur; avant que de partir,'"'! luarfnod oî MiP
Faites percer ce cœur qui n'y peut consentir •'^'^^ * ^'^^ * ^^^^
Appelez les cruels qui vous l'ont inspirée ; '^J'uFtJi yaaaiis'f
Qu'ils viennent essayer leur main mal assurée".^?* Jêsnimsrio sJ
Mais je vois que mes pleurs touchent mon erà|)èrëél|Sf ■'^'" ^"^^
Je vois que sa vertu frémit de leur fureur. '' '' '^' »^ ^ S'^^^-
Ne perdez point de temps, nommez-moi les pcrfidèë^*"^^ 5"^'' ^
Qui vous osent donner ces conseil parricides ; ' *'^^ lin»*»^
Appelez votre frère, oubliez dans ses bft^.a"''* '^^ *"*^ "'^'^^ ^^
NÉROX. i »'!'> 'niîiucm grjoJniiBJhîi
Ah! que demandez->V<ii(l§? ' '"siq « «**iq JuoJ , ?ioi« 83a s^
' BtttKntJSP ^^ Jhoi3VjuoiJ ai;t9^n.>7 ao3
■ > ■ Non , il neVoûS hait paà';- ^^'^^"^ • '"^
Seigneur; on le trahit i je sais son innocence ; -^i"^^^ ^vo'''
Je vous réponds pour lui de son obéissance. "^ ' ' ^"^ ^ Ir-sYJ
J'y cours. Je vais presser un entretien si dôùï* r''"'"'? aiKoiwoT
NÉRON. '' ' ' -' •i9"i'i» 20'^ ■'•'■'«1 ^9
Dans mon appartement qu'il m'attende aféétt^bSi ^-^"^ ^^ • ''''•
•SCÈNE I V. ■ "^ "« *'-"o-
NÉRON, NARCISSEia tsèfl-jq
NARCISSE. ■ ^'
Seigneur, j'ai tout prévu pour une mort si juste; Le poison est tout prêt. La fameuse Locuste A redoublé pour moi ses soins officieux : Elle a fait expirer un esclave à mes yeux; Et le fer est moins prompt pour trancher une vie Que le nouveau poison que sa main me confie.
NÉRON
Narcisse , c'est assez : je reconnais ce soin ,
«i^o BHITANNICUS. "
Et ne souhaite pas que vous alliez plus loia. i^^ajol i u- r^â
NARCISSE. '! ji^-t 'jî» âeM
Quoi ! pour Britannicus votre h^ine ^faibUe, . .?^;
Me défend... » " ' '■-■
,, .,,, NÉRON
,Ouï, Narcisse -, on nous réconcilie.
^XRCISSE.
Je me garderai bien de vous en détourner, Seigneur. Mais il s'est vu tantôt emprisonner : Cette offense en son cœur sera longtemps nouvelle. Il n'est point de secrets que le temps ne révèle : Il saura que ma main lui devait présenter Un poison que votre ordre avait fait apprêter. ^
Les dieux de ce dessein puissent-ils le distraire . Mais peut-être U fera ce que vous n'osez faire.
NÉRON
On répond de son cœur ; et je vaincrai le mien .
NARCISSE
Et l'hymen de Junie en est-il le lien ? .j^oi xà rw^ cul tuof Seigneur, lui fdtes-vous encor ce sacrift<5§fns« elqmoiq wiâ
, :,, .NÉRON. ■: ,: ■-' ■■■ ,■'■' •'''■^■''
C'est prendre trop de soin. Quoi qu'il en soit , Narcisse, Je ne le compte plus parmi mes ennem^Syi gfjtjb j c
NARCISSE, . , , sr»(i'.iii)B> .;
Agrippine , seigneur, se l'était bien promis : EUe a repris sur vous son souveraui empire.
NÉRON. J- 5
Quoi donc ? Qu'a-1.elle dit? Et que voulez-vous dire?
, ,, , NARCISSE. „i,^iJj:iftIiSllôY ii."'>V
Elle s'en est vantée assez publiquemeat,y3>a d i:ii^i ùo zuaO '
NÉROIS^,
Dequoi?^;luuA^>;.; jj^Rcisst* ' ''""' "" ^'''^"'^ ■ ^«^'^"^'^
Qu'eUe n'avait qu'à vous voir un moment -, Qu'à tout ce grand éclat , à ce courroux funeste , On verrait succéder un silence modeste ; ^ ^ :^ Que vous-même à la paix souscririez le preifflôr^- . . ,^,j ^^^ ^^ Heureux que sa bonté daignât tout oubhcr.
Mais , Narcisse , dis-moi , que veux-tu que je tasser^^ ^^ ^ Je n'ai que trop de pente à punir son audace ,