ATALIDE, ZAÏRE
ATXLIDE.
Zaïre , D est donc rraî, sa grâce est prononcée ?
ZAÏUE.
Je TOUS l'ai dit , madame : une esclave empressée , Qui courait de Roxane accomplir le désir,
Aux portes du sérail a reçu le vizir. ' Ils ne m'ont point parlé ; mais , mieux qu'aucun langage , ''
Le transport du vizir marquait sur son visage ''
Qu'un heureux changement le rappelle au palais, •
Et qu'il y vient signer une étemelle paix. ^v'
Roxane a pris , sans doute , une plus douce voie. >
Ainsi , de toutes parts , les plaisirs et la joie u. t;.ju7
M'abandonnent , Zaïre , et marchent sur leurs pas. sIb-i-A J'ai fait ce que j'ai dû ; je ne m'en repens pas. "'^
ZAÏRE
Quoi, madame! quelle est cette nouvelle alarme?
Et ne t'a-t-on point dit , Zaïre , par quel charme, ■' "" '''>* Ou , pour mieux dire enfin , par quel engagement :^ , sollk Bajazet a pu faire un si prompt changement? Roxane en sa fureur paraissait inflexible; ■ ^'^W ...taid li'A A-t-elle de son cœur quelque gage infaillible? ,v
Parle. L'épouse-t-il ? /iii. i/,.
ZAÏRE. ' ...^..jj, l'J"
Je n'en ai rien appris. u^ ; salîA
iMais enfin s'il n'a pu se sauver qu'à ce prix; ,. iurni aiio^ S'il fait ce que vous-même avez su lui prescrire >i03n& : s^llA S'il l'épouse, en un mot... .1,-..* ï.,»((]
S'il l'éi)Ouse, Zaïre!
ZAÏRE
Quoi ! TOUS repentez-Tous des généreux discours
354 BAJAZET
Que vous dictait le soin de conserver ses jours ?
Non , non; il ne fera que ce qu'il a dû faire. Sentiments trop jaloux, c'est à vous de vous taire : Si Bajazet l'épouse , il suit mes volontés ; Respectez ma vertu qui vous a surmontés ; A ses nobles conseils ne mêlez point le vôtre ; Et , loin de me le peindre entre les bras d'une autre , Laissez-moi , sans regret , me le représenter Au trône où mon amour l'a forcé de monter. Oui, je me reconnais , je suis toujours la même. Je voulais qu'il m'aimât , chère Zaïre ; il m'aime -. Et du moins cet espoir me console aujourd'hui Que je vais mourir digne et contente de lui.
ZAÏRE
Mourir ! Quoi ! vous auriez un dessein si funeste.'
J'ai cëdé mon amant ; tu t'étonnes du reste ? Peu\-tu compter, Zaïre , au nombre des malheurs Une mort qui prévient et finit tant de pleurs ? Qu'il vive , c'est assez. Je l'ai voulu , sans doute ; Et je le veux toujours , quelque prix qu'il m'en coûte : Je n'examine point ma joie ou mon ennui -, J'aime assez mon amant pour renoncer à lui. Mais , hélas ! il peut bien penser avec justice Que, si j'ai pu lui faire un si grand sacrifice. Ce cœur, qxii de ses jours prend ce funeste soin , L'aime trop pour vouloir en être le témoin. Allons , je veux savoir...
ZAÏRE
Modérez-vous , de grâce On vient vous informer de tout ce qui se passe. C'est le vizir.