ACTE IV, SCÈ>'E \n
Mon entreprise alors était moins avancée :
Mais il lïi'est désormais trop dur de reculer.
Par une belle chute il faut me signaler,
Et laisser un débris du moins après ma fuite,
Qui de mes ennemis retarde la poursuite.
Bajazet vit eucor : pourquoi nous étonner?
Acomat de plus loin a su le ramener.
Sauvons-le malgré lui de ce péril extrême,
Pour nous, pour nos amis, pour Roxane elle-même.
ïu vois combien son cœur, prêt à le protéger,
A retenu mon bras trop prompt à la venger.
Je connais peu l'amour ; mais j'ose te répondre
Qu'il n'est pas condamné, puisqu'on veut le confondre,
Que nous avons du temps. Malgré son désespoir,
Roxane l'aime encore, Osmin, et le va voir.
OSHIN.
Enfin, que vous inspire une si noble audace? Si Roxane l'ordonne, il faut quitter la place : Ce palais est tout plein...
âcohat.
Oui, d'esclaves obscurs, Nourris, loin de la guerre, à l'ombre de ses murs. Mais toi, dont la valeur, d'Amurat oubliée, Par de communs chagrins à mon sort s'est liée. Voudras-tu jusqu'au bout seconder mes fureurs ?
OSMIN
Seigneur, vous m'offensez. Si vous mourez, je meurs.
ACOMAT
D'amis et de soldats une troupe hardie
Aux portes du palais attend notre sortie ;
La sultane d'ailleurs se fie à mes discours :
Nourri dans le sérail, j'en connais les détours ;
Je sais de Bajazet l'ordinaire demeure;
Ne tardons plus, marchons : et, s'il faut que je meure,
Mourons; moi, cher Osmin, comme un \izir; et toi,
Comme le favori il'nn homme tel que moi.
BAJAZET