‹ Théâtre complet. Précédé d'une noticeChapitre 323 sur 566 · MONIME, PHARNACE, XIPHARÈS · texte numérisé non relu

MONIME, PHARNACE, XIPHARÈS

niARNACE.

Jusques à quand , madame , attendrez- vous mon père ? Des témoins de sa mort Tiennent à tous moments Cotidamner votre doute et vos retardements. Venez, fuyez l'aspect de ce climat sauvage, Qui ne parle à vos yeux que d'un triste esclavage, Un peuple obéissant vous attend à genoux Sous un ciel plus heureux et plus digne de vous : Le Pont vous reconnaît dès longtemps pour sa reine ; Vous en portez encor la marque souveraine , Et ce bandeau royal fut mis sur votre front Comme un gage assuré de l'empire de Pont . Maître de cet État que mon père me laisse , Madame, c'est à moi d'accomplir sa promesse. Mais il faut, croyez-moi , sans attendre plus tard , Ainsi que notre hymen presser notre départ ; Nos intérêts communs et mon cœur le demandent. Prêts à vous recevoir, mes vaisseaux vous attendent *, Et du pied de l'autel vous y pouvez monter. Souveraine des mers qui vous doivent porter.

MONIME

Seigneur, tant de bontés ont lieu de me confondre. Mais , puisque le temps presse , et qu'il faut vous répondre ,. Puis-je , laissant la feinte et les déguisements , Vous découviir ici mes secrets sentiments?

PHARNACE

Vous pouvez tout.

UONIUE.

Je crois que je vous suis connue.

Éphèse est mon pays ; mais je suis descendue D'aïeu-v , ou rois , seigneur, ou héros qu'autrefois Leur vertu , chez les Grecs , mit au-dessus des rois Mithridate me vit ; Éphèse , et l'Ionie , A son heureux empire était alors unie : Il daigna m'envoyer ce gage de sa foi. Ce fut pour ma famille une suprême loi : Il fallut obéir. Esclave couronnée.

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