ACTE II, bCENE IV. 4M
ARBATE.
Seigneur, vous en serez tôt ou tard éclairci.
MITHRIDATE
Parle, je te l'ordonne, et je veu\ tout apprendre.
ARBATE.
Seigneur, jusqu'à ce jour ce que j'ai pu comprendre , Ce prince a cru pouvoir, après votre trépas , Compter ceUe province au rang de ses États; Et , sans connaître ici de lois que son courage , Il venait par la force appuyer son partage.
MITHRIDATE
Ah ! c'est le moindre prix qu'il se doit proposer,
Si le dd de mon sort me laisse disposer.
Oui , je respire , Arbate , et ma joie est extrême :
Je tremblais , je l'avoue , et pour un fils que j'aime ,
Et pour moi , qui craignais de perdre un tel appui ,
Et d'avoir à combattre un rival tel que lui.
Que Pharnace m'offense , il offre à ma colère
Un rival dès longtemps soigneux de me déplaire ,
Qui , toujours des Romains admirateur secret ,
>'e s'est jamais contre eux déclaré qu'à regret;
Et s'il faut que pour lui Mouime prévenue
Ait pu porter ailleurs une amour qui m'est due ,
Malheur au criminel qui vient me la ravir,
Et qui m'ose offenser et n'ose me servir !
L'aime-t-elle?
AIIBVTE.
Seigneur, je vois venir la reine.
MITHRmATE.
Dieux , qui voyez ici mon amour et ma haine. Épargnez mes malheurs , et daignez empêcher Que je ne trouve encor ceux que je vais chercher! Arbate , c'est assez : qu'on me laisse avec die.