‹ Théâtre complet. Précédé d'une noticeChapitre 334 sur 566 · MITHRIDATE, MONIME, XIPHARÈS · texte numérisé non relu

MITHRIDATE, MONIME, XIPHARÈS

MITHUm\TE. ,;)

Venez, mon fils, venez , votre père est trahi. ;

Un fils audacieux insulte à ma ruine , ,

Traverse mes desseins , m'outrage , m'assassine.

Aime la reine enfin, lui platt, et me ravit

Un (;œur que sou devoir à moi seul asservit.

Heureux pourtant, heureux que dans cette disgrâce

Je ne puisse accuser que la main de Pharnace ;

Qu'une mère infidèle, un frère audacieux ,

Vous présentent en vain leur exemple odieux ! ;,;

Oui , mon fils , c'est vous seul sur qui je me repose.

Vous seul qu'aux grands desseins que mon cœur se propose

J'ai choisi dès longtemps pour digne compagnon.

L'héritier de mon sceptre , et surtout de mon nom.

Pharnace , en ce moment, et ma flamme ofiensée , ^

Ne peuvent pas tout seuls occuper ma pensée : |

D'un voyage ùnportant les soins et les apprêts ,

Mes vaisseaux qu'à partir H faut tenir tout prêts ,

Mes soldats, dont je veux tenter la complaisance ,

Dans ce même moment demandent ma présence.

Vous cependant ici veillez pour mon repos ;

D'un rival insolent arrêtez les complots.

Ne quittez point la reine ; et , s'H se peut, vous-même

Rendez-la moins contraire aux vœux d'un roi qui l'aime;

Détournez-la, mon fils, d'un choix injurieux :

Juge sans intérêt, vous la convaincrez mieux.

En un mot, c'est assez éprouver ma faiblesse :

Qu'elle ne pousse point cette même tendresse,

Que sais-je ? à des fureurs dont mon cœur outragé

Ne se repentirait qu'après s'être vengé.

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