‹ Théâtre complet. Précédé d'une noticeChapitre 340 sur 566 · ACTE m, SCÈ.NE I · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈ.NE I

Trop heureux d'avancer ]a fin de ma misère, J'irai... J'eHaceraiJe crime de ma mère : Seigneur, vous m'en voyez rougir à vos genoux J'ai honte de me voir si peu digne de vous ; Tout mon sang doit laver une tache si noire. Mais je cherche un trépas utile à votre gloire ; Et Rome , unique objet d'un désespoir si beau , Du fils de Alithridate est le digne tombeau.

MiTiiRmATE, se lerant.

Mon fils , ne parlons plus d'une mère infidèle. Votre père est content , il connaît votre zèle , Et ne vous verra point affronter de danger Qu'avec vous son amour ne veuille partager : Vous me suivrez; je veux que rien ne nous sépare.

Et vous , à m'obéir, prince , qu'on se prépare ; Les vaisseaux sont tout prêts -. j'ai moi-même ordonn La suite et l'appareil qui vous est destiné. Arbate , à cet hymen chargé de Tous conduire, De votre obéissance aura soin de m'instruire. Allez ; et , soutenant l'honneur de vos aïeux , Dans cet embrassement recevez mes adieux.

PHARNACE

Seigneur...

MITHRro.\TE.

Ma volonté , prince , vous doit suffire. Obéissez. C'est trop vous le faire redire.

PHARNACE

Seigneur, si, pour vous plaire , il ne faut que périi-. Plus ardent qu'aucun autre on m'y verra courir : Combattant à vçç yeux permettez que je meure.

MITHRIDATE

Je vous ai commandé de partir tout à l'heure. Mais après ce moment... Prince, vous m'entendez. Et vous êtes perdu si vous me répondez.

PHARNACE

Dussiez-vous présenter mUle morts à ma vue , >^ v'

Je ne saurais chercher une fille inconnue. - "^ '

Ma vie est en vos mains. ■^^ *à^

MITHRIUATE.

-Ah ! c'est oti je t'attends Tu ne saurais partir, perfide ! et je t'entends.

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4,16 MITIIRIDATE

Je sais pourquoi tu fuis l'hymen où je t'envoie .-

Il te facile en ces lieux d'abandonner ta proie ;

Monime te retient ; ton amour criminel

Prétendait l'arracher à l'hymen paternel.

Ni l'ardeur dont tu sais que je J'ai recherchée ,

Ni déjà sur son front ma couronne attachée,

Ni cet asile même où je la fais garder,

Ni mon juste courroux , n'ont pu t'intimider.

Traître ! pour les Romains tes lâches complaisances

N'étaient pas à mes yeux d'assez noires offenses ;

Il te manquait encor ces perfides amours,

Pour être le supplice et l'ivorreur de mes jours.

Loin de t'en repentir, je vois sur ton visage

Que ta confusion ne part que de ta rage :,,

Il te tarde déjà qu'échappé de mes mains" ' '

Tu ne coures me perdre , et me vendre aux Romains

Mais , avant que partir, je rne ferai justice :

Je te l'ai dit. Holà, gardes !

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