‹ Théâtre complet. Précédé d'une noticeChapitre 344 sur 566 · MONIME, MITHRIDATE · texte numérisé non relu

MONIME, MITHRIDATE

MITURIDATE.

Enfin j'ouvre les yeux , et je me fais justice : C'est faire à vos beautés un triste sacrifice , Que de vous présenter, madame , avec ma foi , Tout l'âge et le malheur que je traîne avec moi. Jusqu'ici la fortune et la victoire mêmes Cachaient mes cheveux blancs sous trente diadèmes. Mais ce temps-là n'est plus : je régnais ; et je fuis : Mes ans se sont accrus -, mes honneurs sont détruits ; Et mon front, dépouillé d'un si noble avantage, Du temps qui l'a flétri laisse voir tout l'outrage. D'ailleurs mille desseins partagent mes esprits : D'un camp prêt à partir vous entendez les cris ; Sortant de mes vaisseaux , il faut que j'y remonte. Quel temps pour un hymen , qu'une fuite si prompte , Madame ! Et de quel front vous unir à mon sort , Quand je ne cherche plus que It guerre et la mort ? Cessez pourtant , cessez de prétendre à Pharnace : Quand je me fais justice , il faut qu'on se la fasse. Je ne souffrirai point que ce fils odieux , Que je viens pour jamais de bannir de mes yeux , Possédant une amour qui me fiit déniée , Vous fasse des Romains devenir l'alliée. Mon trône vous est dû : loin de m'en repentir, Je vous y place même avant que de partir, Pourvu que vous vouliez qu'une main qui m'est chèrr , Un fils , le digne objet de l'amour de son père , Xipharès , en un mot , devenant votre époux , Me venge de Pharnace , et m'acquitte envers vous.

HOMME

Xipharès! lui, seigneur?

HrrHRIDATE.

, Oui , lui-même , madame.

D'où peut naître à ce nom le trouble de votre âme ? Contre un si juste choix qui* peut vous révolter? Est-ce quelque mépris qu'on ne puisse dompter ? Je le répète eucor; c'est un autre moi-môme,

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