‹ Théâtre complet. Précédé d'une noticeChapitre 365 sur 566 · ACTE I, SCflNE ni · texte numérisé non relu

ACTE I, SCflNE ni

Gardez-vous de réduire un peuple furieux , Seigneur, à prononcer entre vous et les dieux. N'est-ce pas vous enfin de qui la voix pressante Nous a tous api»elés aux campagnes du Xanthe , Et qui de ville en ville attestiez les serments Que d'Hélè;ie autrefois firent tous les amants, Quand presque tous les Grecs , rivaux de votre frère , La demandaient en foule à Tyndare son père ? De quelque heureux époux que l'on dût faire choix , Nous jurâmes dès lors de défendre ses droits ; Et , si quelque indolent lui volait sa conquête , Nos mains du ravisseur lui promirent la tête. Mais sans vous , ce serment que l'amour a dicté, Libres de cet amour, l'aurirvns-nous respecté? Vous seul , nous arrachant à de nouvelles flammes , Nous avez fait laisser nos enfants et nos femmes. Et quand, de toutes parts assemblés en ces lieux , L'honneur de vous venger brille seul à nos yeux ; Quand la Grèce , déjà vous donnant son suffrage , A'ous reconnaît l'auteur de ce fameux ouvrage ; Que ses rois , qui pouvaient vous disputer ce rang , Sont prêts pour vous servir de verser tout leur sang : Le seul Agaraemnon , refusant la victoire , N'ose d'un peu de sang acheter tant de gloire; Et , dès le premier pas se laissant effrayer, Ne commande les Grecs que pour les renvoyer !

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Ail, seigneur ! qu'éloigné du malheur qui m'opprime, Votre cœur aisément se montre magnanime ! Mais que , si vous voyiez ceint du bandeau mortel Votre fils Télémaque approcher de l'autel , Nous vous verrions , troublé de cette affreuse image, Changer bientôt en pleurs ce superbe langage , Éprouver la douleur que j'éprouve aujourd'hui , Et courir vous jeter entre Calchas et lui ! Seigneur, vous le savez, j'ai donné ma parole; Et si ma fille vient , je consens qu'on l'immole -. Mais , malgré tous mes soins , si son heureux destin La retient dans Argos , ou l'arrête en chemin , Souffrez que , sans presser ce barbare spectacle , En faveur de mon sang j'explique cet obstacle ,

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Que j'ose pour ma fille accepter le secours De quelque dieu plus doux qui veille sur ses jours. Vos conseils sur mon cœur n'ont eu que trop d'empire , Et je rougis...

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