ACTE n, SCÈNE I
Et toujours détournant ma vue avec horreur.
Je le vis : son aspect n'avait rien de farouche-,
Je sentis lé reproche expirer dans ma bouciie ;
Je sentis contre moi paon cœur se déclarer.;
J'oubliai ma colère , et ne sus que pleurer :
Je me laissai conduire à cet aimable guide.
Je l'aimais à Lesbos , et je l'aime en Aulide.
Iphigénie en vain s'offre à me protéger,
Et me tend une main prompte à me soulager :
Triste effet des fureurs dont je suis tourmentée ,
Je n'accepte la main qu'elle m'a présentée ,
Que pour m'armer contre elle , et, sans me découvrir,
Traverser son bonheur, que je ne puis souffrir.
DORIS
Et que pourrait contre elle une impuissante haine ? Ne valait-il pas mieux , renfermée à Mycène , Éviter les tourments que vous venez cliercher, Et combattre des feux contraints de se cacher?
ÉRIPHILE
Je le voulais , Doris. Mais , quelque triste image Que sa gloire à mes yeux montrât sur ce rivage , Au sort qui me traînait il fallut consentir -. Une secrète voix m'ordonna de partir, Me dit qu'offrant ici ma présence importune , Peut-être j'y pourrais porter mon infortune ; Que peut-être approchant ces amants trop heureux Quelqu'un de mes mallieurs se répandrait sur eux.
Voua ce qui m'amène , et non l'impatience D'apprendre à qui je dois une triste naissance. Ou plutôt leur hymen me servira de loi : S'il s'achève, il suffit ; tout est fini pour moi : Je périrai , Doris; et , par une mort prompte , Dans la nuit du tombeau j'enfermerai ma honte , Sans chercher des parents si longtemps ignorés , Et que ma folle amour a trop déshonorés.
DORIS
Que je vous plains , madame ! et que pour votre vie...
ÉRIPniLE.
Tu vois Agamemnon avec Iphigénip.
4a8 IPHIGÈNIE.