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AMAN, ZARÈS

ZARÈS

C'est donc ici d'Esther le superbe jardin,

Et ce salon pompeux est le lieu du festin ?

Mais tandis que la porte en en est encor fermée,

Ecoutez les conseils d'une épouse alarmée.

Au nom du sacré nœud qui me lie arec tous.

Dissimulez, seigneur, cet aveugle courroux ;

Eclaircissez ce front où la tristesse est peinte :

Les rois craignent surtout le reproche et la plainte.

Seul entre tous les grands par la reine invité,

Ressentez donc aussi cette félicité.

Si le mal vous aigrit, que le bienfait vous touche.

Je l'ai cent fois appris de votre propre bouche :

Quiconque ne sait pas dévorer un affront,

Ni de fausse couleurs se déguiser le front.

Loin de l'aspect des rois qu'il s'écarte, qu'il fuie 1

Il est des contre-temps qu'il faut qu'un sage essuie 4

Souvent avec prudence un outrage enduré

Aux hqnneurs les plus hauts a servi de degré.

AMAN

O douleur! 6 supplice affreux à la pensée ! 0 honte, qui jamais ne peut être effacée l Un exécrable Juif, l'opprobre des humains, S'est donc vu de la pourpre habillé par mes mains! C'est peu qu'il ait sur moi remporté la victoire ; Malheureux, j'ai servi de héraut à sa gloire ! Le traître! il insultait à mi confusion; Et tout le peuple même, avec dérision Observant la rougeur qui couvrait mon visage. De. ma diutc certaine en tirait le présage.

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