‹ Théâtre complet. Précédé d'une noticeChapitre 549 sur 566 · JOAS, JOAD · texte numérisé non relu

JOAS, JOAD

JOAS, courant dans les bras du grand prêtre.

Mon père !

JOAD

Eh bien, mon fils?

JOAS

Qu'est-ce donc qu'on prépare?

JOAD

Il est juste, mon fils, que je vous le déclare. Il faut que vous soyez instruit, môme avant tous , Des grands desseins de Dieu sur son peuple et sur vous. Armez- vous d'un courage et d'une foi nouvelle ; Il est temps de montrer cette ardeur et ce zèle Qu'au fond de votre cœur mes soins ont cultivés , Et de p9yer à Dieu ce que vous lui devez. Sentez-vous cette noble et généreuse envie ?

JOAS

Je me sens prêt, s'il veut, de lui donner ma vie .

JOAD

On vous a lu souvent l'histoire de nos rois : ■\'ous souvient-il, mon fils, quelles étroites lois Doit s'imposer un roi digne du diadème ?

JOAS

Un roi sage (ainsi Dieu l'a prononcé lui-même ' ) Sur la richesse et l'or ne met point son appui ; Craint le Seigneur son Dieu; sans cesse a devant lui Ses préceptes, ses lois, ses jugements sévères, Et d'injustes fardeaux n'accable point ses frères.

Mais sur l'un de ces rois s'il fallait vous régler, A qui choisiriez-vous, mon fils, de ressembler?

JOAS

David , pour le Seigneur plein d'un amour fidèle, Me parait des grands rois le plus parfait modèle.

1 Deut., ch. xvii.

JO\D

Ainsi dans leurs excès vous n'imiteriez pas L'infidèle Joram, l'impie Ocliozias?

JOAS

O mon père !

JOAD

Achevez, dites : que vous en semble ?

JOAS

Puisse périr comme eux quiconque leur ressemble!

(Joad se prosterne à ses pieds.)

Mon père, en quel état vous vois-jc devant moi !

JOAD

Je vous rends le respect que je dois à mon roi. De votre aïeul David, Joas, rendez-vous digne.

JOAS

Joas ! moi !

JOAD, se relevant.

Vous saurez par quelle grâce insigne, D'une mère en fureur Dieu trompant le dessein. Quand déjà son poignard était dans votre sein. Vous dioisit, vous sauva du milieu du carnage. Vous n'êtes pas encore échap[ié de sa rage : Avec la môme ardeur qu'elle voulut jadis Perdre en vous le dernier des enfants de son fils, A vous faire périr sa cruauté s'attache, Et vous poursuit cncor sous le nom qui vous cache. Mais sous vos étendards j'ai déjà su ranger Un peuple obéissant et prompt à vous venger. Entrez, généreux chefs des familles sacrées Du ministère saint tour à tour honorées.

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