‹ Théâtre complet. Précédé d'une noticeChapitre 550 sur 566 · ACTE fV, SCÈ>E m · texte numérisé non relu

ACTE fV, SCÈ>E m

JOAD

Est des '■ois de Juda l'Iiérider véritable, Dernier né des enfants du triste Ochozias , Nourri, vous le savez, sous le nom de Joas. De cette fleur si tendre et sitôt moissonnée Tout Juda , comme vous, plaignant la destinée , Avec ses frères morts le" crut enveloppé. Du perfide couteau comme eux il fut frappé : Mais Dieu du coup mortel sut détourner l'atteinte Conserva dans son cœur la chaleur prcs<iue éteinte. Permit que, des bourreaux trompant l'œil vigilant, Josabeth dans son sein l'emportât tout sanglant. Et , n'ayant de son vol que moi seul pour complice , Dans le temple cachât l'enfaut et la nourrice.

Hélas ! de tant d'amour et de tant de bienfaits, Mon père, quel moyen de m'acquitter jamais ?

JOAD

Gardez pour d'autres temps cette reconnaissance.

Voilà donc votre roi , votre unique espérance -.

J'ai pris soin jusqu'ici de vous le conserver;

.Ministres du Seigneur, c'est à vous d'achever.

Bientôt de Jézabel la fille meurtrière.

Instruite que Joas voit encor la lumière,

Dans l'horreur du tombeau viendra le replonger :

Déjà, sans le coimaitre , elle veut l'égorger.

Prêtres saints, c'est à vous de prévenir sa rage :

11 faut finir des Juifs le honteux esclavage ,

Venger vos princes morts, relever votre loi ,

Et faire aux deux tribus reconnaître leur roi.

L'entreprise, sans doute, est grande et pérlieuse;

J'attaque sur son trône une reine orgueilleuse ,

Qui voit sous ses drapeaux marcher un camp nombreux.

De hardis étrangers, d'infidèles Hébreu^i -.

Mais ma force est au Dieu dont l'intérêt me guide.

Songez qu'eu cet enfant tout Israël réside.

Déjà ce Dieu vengeur commence à la troubler ;

Déjà, trompant ses soins, j'ai su vous rassembler :

Elle nous croit ici sans armes, sans défense.

Couronnons, proclamons Joas en diligence :

De là, du nouveau prince intrépides soldats,

fi-i» ATIIALIE,

Marchons, en invoquant l'arbitre des combats; Et, réveillant la foi dans les cœurs endormie, Jusque dans son palais cherclions notre ennemie. Et quels cœurs si plongés dans un lâche sommeil Nous voyant avancer dans ce saint appareil , Ne s'empresseront pas à suivre notre exemple ! Un roi, que Dieu lui-môme a nourri dans son temple; Le successeur d'Aaron, de ses prêtres suivi , Conduisant au combat les enfants de Lévi; Et, dans ces mêmes mains des peuples révérées, Les armes au Seigueur par David consacrées ! Dieu sur ses ennemis répandra sa terreur; Dans l'iiilidèle sang baignez- vous sans horreur ; Frappez et Tyriens et môme Israélites.

Ne descendez-vous pas de ces fameux lévites Qui , lorsqu'au dieu du Nil le volage Israël Rendit dans le désert un culte criminel, De leurs plus cliers parents saintement iiomicides. Consacrèrent leurs mains dans le sang des perfides, Et parce noble exploit vous acquirent l'honneur D'être seuls employés aux autels du Seigneur? Mais je vois que déjà vous brûlez de me suivre. Jurez donc avant tout sur cet auguste livre , A ce roi que le ciel vous redonne aujourd'hui , De vivre, de combattre, et de mourir pour lui.

ÂZAKI\S, au bout de la table, ayant la main sur le livre saii\l.

Oui , nous jurons ici pour nous , pour tous nos frères, De rétablir Joas au trône de ses pères , De ne poser le fer entre nos mains remis, Qu'après l'avoir vengé de tous ses ennemis. Si quelque transgressent enfreint cette promesse, Qu'il éprouve, grand Dieu, ta fureur vengeresse; Qu'avec lui ses enfants, de ton partage exclus, Soient au rang de ces morts que tu ne connais plus !

JOAD

Et vous, à celte loi, votre règle éternelle, Roi, ne jurez- vous pas d'être toujours fidèle?

JOAS

Pourrais-je à cette loi ne me pas conformer?

JOAD

0 mon fils, de ce nom j'ose encor vous nommer,

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