‹ Théâtre complet. Précédé d'une noticeChapitre 551 sur 566 · ACTE IV, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IV

Soufflrez cette tendresse, et pardonnez aux larmes Que m'arrachent pour vous de trop justes alarmes ; Loin du trône nourri, de ce fatal honneur, Hélas ! vous ignorez le charme empoisonneur ; De l'absolu pouvoir vous ignorez l'ivresse , Et des lâches flatteurs la vui\ enchanteresse. Bientôt ils vous diront que les plus saintes lois. Maîtresses du vil peuple, obéissent aux. rois ; Qu'un roi n'a d'autre frein que sa volonté même ; Qu'il doit immoler tout à sa grandeur suprême ; Qu'aux larmes, au travail, le peuple est condamné , Et d'un sceptre de fer veut être gouverné ; Que , s'il n'est opprimé, tôt ou tard il opprime. Ainsi de piège en pié^e, et d'abîme en abime , Corrompant de vos mœurs l'aimable pureté , Ils vous feront enfin haïr la vérité , Vous pebidront la vertu sous une afTreusc image. Hélas ! ils ont des rois égaré le plus sage. Promettez sur ce livre, et devant ces témoins , Que Dieu fera toujours lé premier de vos soins; Que , sévère aux méchants , et des bons le refuge , Entre le pauvre et vous vous prendrez Dieu pour juge ; Vous souvenant , mon fds, que, caché sous ce Un, Comme eux vous fûtes pauvre, et comme eux orphelin.

JOAS, au milieu de la table, ajanl la main sur le livre saint.

Je promets d'observer ce que la loi m'ordonne. Mon Dieu, punissez-moi si je vous abandonne!

JOAD

Venez ; de l'huile sainte il faut vous consacrer. Paraissez, Josabeth; vous pouvez vous montrer.

Page 1