ACTE II, SCENE I. i
Premier Médecin.
Moy, je n'entefts point les perdre, et pretens le guérir en dépit qu'il en ait. Il est lié et engagé à mes remèdes, et je veux le faire saisir où je le trouveray comme déserteur de la médecine et infracteur de mes ordonnances.
Vous avez raison, vos remèdes estoient un coup seur, et c'est de l'argent qu'il vous vole.
Où puis-je en avoir des nouvelles?
Sbrigani.
Chez le bon homme Oronte, assurément, dont il vient épouser la fille, et qui, ne sçachant rien de l'infirmité de son gendre futur, voudra peut-être se haster de conclure le mariage.
Premier Médecin.
Je vais luy parler tout à l'heure.
Sbrigani.
Vous ne ferez point mal.
Premier Médecin.
Il est hypothéqué à mes consultations, et un malade ne se mocquera pas d'un médecin.
Sbrigani.
C'est fort bien dit à vous; et, si vous m'en croyez, vous ne souffrirez point qu'il se marie que vous ne l'ayez pansé tout vostre soû.
Premier Médecin.
Laissez-moy faire.
Sbrigani, [s'en allant].
Je vais de mon costé dresser une autre batterie, et le beau-pere est aussi dupe que le gendre.