‹ Théâtre complet, publChapitre 124 sur 191 · ACTE II, SCENE VIII. 19S · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE VIII. 19S

LUCETTE

Et yeu set ans ya que m'a preso per fenno.

Nerine.

J'ay des gairens de tout ce que je dy.

LUCETTE

Tout mon païs lo sap.

Nerine.

No ville en est témoin.

Lucette.

Tout Pezenas a bist nostre mariatge.

Nerine.

Tout Chin Quentin a assisté à no noce.

Lucette.

Nou ya res de tant beri table.

Nerine.

Il gn'y a rien de plus chertain.

Lucette.

Gausos-tu dire lou contrari, valisquos ?

Nerine.

Est-che que tu me démaintiras, méchaint homme ?

Monsieur de Pourceaugnac.

Il est aussi vray l'un que l'autre.

Lucette.

Quaign impudensso ! Et coussy, misérable, nou te soubenes plus de la pauro Françon et del paure Jeanet , que soun lous fruits de nostre mariatge ? Nerine.

Bayez un peu l'insolence ! Quoy l tu ne te souviens mie de chette pauvre ainfain, no petite Madelaine, que tu m'as laichée pour gaige de ta foy? Monsieur de Pourceaugnac.

Voila deux impudentes carognes!

LUCETTE

[Beny, Françon; beny, Jeanet; beny toustou, beny toustoune, beny fayre beyre à un payre dénaturât la duretat qu'el a per nautres.

Nerine.

Venez, Madelaine, me n'ainfain, venez-ves en ichy faire honte à vo père de l'impudainche qu'il a.

Janet, Françon, Madelaine.

Ah ! mon papa, mon papa, mon papa !

Monsieur de Pourceaugnac.

Diantre soit des petits fils de putains.

Lucette.

Coussy, trayte, tu nous sios pas dins le darniere confusiu de ressaupre à tal tous enfans, et de ferma l'aureillo à la tendresso paternello ? Tu nou m'escaperas pas , infâme , yeu te boly seguy per tout, et te reproucha ton crime jusquos à tant que me sio benjado, et que t'ayo fayt penja, couqui; te boly fayré penja.

Nerine, Ne rougis-tu mie de dire ches mots là, et d'estre insainsible aux cairesses de chette pauvre ainfain? Tu ne te sauveras mie de mes pâtes ; et, en dépit de tes dains, je feray bien voir que je sis ta femme, et je te feray peindre.

Les Enfans, tous ensemble.

Mon papa, mon papa, mon papa!

Au secours ! au secours ! Où fuiray-je ? Je n'en puis plus.

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