‹ Théâtre complet, publChapitre 125 sur 191 · SCENE X · texte numérisé non relu

SCENE X

Monsieur de Pourceaugnac.

Ah ! je suis assommé. Quelle peine ! quelle maudite ville ! Assassiné de tous costez 1 Sbrigani.

Qu'est-ce, Monsieur? est-il encor arrivé quelque chose ?

Monsieur de Pourceaugnac.

Oûy. Il pleut en ce pais des femmes et des lu* vemens.

Comment donc ?

Monsieur de Pourceaugnac.

Deux carognes de baragouineuses me sont venu accuser de les avoir épousé toutes deux , et me menacent de la justice.

Sbrigani.

Voila une méchante affaire , et la justice en ce païs-çy est rigoureuse en diable contre cette sorte de crime.

Monsieur de Pourceaugnac.

Oûy ; mais , quand il y auroit information , ajournement, décret et jugement obtenu par surprise, défaut et contumace, j'ay la voye de conflit de jurisdiction pour temporiser et venir aux moyens de nullité qui seront dans les procédures.

Sbrigani.

Voila en parler dans tous les termes; et Ton voit bien, Monsieur, que vous estes du mestier. Monsieur de Pourceaugnac.

Moy? point du tout, je suis gentilhomme.

Sbrigani.

Il faut bien , pour parler ainsi , que vous ayez étudié la pratique.

Monsieur de Pourceaugnac.

Point, ce n'est que le sens commun qui me fait juger que je seray toujours receu à mes faits justificatifs, et qu'on ne me sçauroit condamner sur une simple accusation, sans un recollement et confrontation avec mes parties.

En voila du plus fin encore.

Ces mots-là me viennent sans que je les sçache.

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