ACTE II, SCENE X
Sbrigani.
Il me semble que le sens commun d'un gentilhomme peut bien aller à concevoir ce qui est du droict et de Tordre de la justice , mais non pas à sçavoir les vrays termes de la chicane.
Monsieur de Pourceaugnac.
Ce sont quelques mots que j'ay retenus en lisant tes romans.
Sbrigani.
Ah! fort bien.
Monsieur de Pourceaugnac.
Pour vous montrer que je n'entens rien du tout à la chicane , je vous prie de me mener chez quelque advocat pour consulter mon affaire.
Sbrigani.
Je le veux, et vais vous conduire chez deux hommes fort habiles; mais j'ay auparavant à vous avertir de n'estre point surpris de leur manière de parler : ils ont contracté du barreau certaine habitude de déclamation qui fait que Ton diroit qu'ils chantent, et vous prendrez pour musique tout ce qu'ils vous diront.
Monsieur de Pourceaugnac.
Qu'importe comme ils parlent, pourveu qu'ils me disent ce que je veux sçavoir?
aoo MONSIEUR DE POURCEAUGNAC.