SCENE PREMIERE
SOSTRATE, CLITIDAS.
Clitidas, [à part].
Il est attaché à ses pensées.
Sostrate, [se croyant seut\.
Non, Sostrate, je ne voy rien où tu puisses avoir recours, et tes maux sont d'une nature à ne te laisser nulle espérance d'en sortir.
Clitidas, [à part].
Il raisonne tout seul.
Sostrate, [se croyant seul], Helas!
Clitidas, [à part].
Voila des soupirs qui veulent dire quelque chose, et ma conjecture se trouvera véritable.
Sostrate , [se croyant seul].
Sur quelles chimères, dy-moy, pourrois-tu bâtir quelque espoir, et que peux-tu envisager que l'affreuse longueur d'une vie mal-heureuse et des ennuis à ne finir que par la mort?
Clitidas, [à part].
Cette teste-là est plus embarrassée que la mienne.
Sostrate, [se croyant seul] Ah ! mon cœur, ah I mon cœur, où m'avez-vous jette?
Clitidas.
Serviteur, Seigneur Sostrate.
Sostrate.
Où vas- tu, Clitidas?
Mais vous, plûtost, que faites-vous icy, et quelle secrète mélancholie, quelle humeur sombre, s'il vous plaist, vous peut retenir dans ces bois, tandis que tout le monde a couru en foule à la magnificence de la feste dont Tamour du prince Iphicrate vient de régaler sur la mer la promenade des princesses, tandis qu'elles y ont receu des cadeaux merveilleux de musique et de dance, et qu'on a veu les rochers et les ondes se parer de divinitez pour faire honneur à leurs attraits ?
Sostrate.
Je me figure assez, sans la voir, cette magnifi-