SCENE II
ARISTIONE, IPHICRATE, TIMOCLÉS, ANAXARQUE, CLÉON.
Aristione.-
Prince, je ne puis me lasser de le dire, il n'est point de spectacle au monde qui puisse le disputer en magnificence à celuy que vous venez de nous donner. Cette feste a eu des ornemens qui remportent sans doute sur tout ce que Ton sçauroit voir, et elle vient de produire à nos yeux quelque chose de si noble, de si grand et de si majestueux, que le Ciel mesme ne sçauroit aller au delà , et je puis dire assurément qu'il n'y a rien dans l'univers qui s'y puisse égaler.
TiMoais.
Ce sont des ornemens dont on ne peut pas espérer que toutes les festes soient embellies, et je dois fort trembler, Madame , pour la simplicité du petit divertissement que je m'appreste à vous donner dans le bois de Diane.
Aristione.
Je croy que nous n'y verrons rien que de fort agréable, et certes il faut avouer que la campagne a lieu de nous paroistre belle, et que nous n'avons pas le temps de nous ennuyer dans cet agréable séjour qu'ont célébré tous les poètes sous le nom de Tempe : car enfin , sans parler des plaisirs de la