‹ Théâtre complet, publChapitre 162 sur 191 · ACTE II, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE III

N'ont-ils pu découvrir, vos yeux, ce dont tout le monde est en peine, et ne vous ont-ils point donné quelques petites lumières du panchant de mon cœur? Vous voyez les soins qu'on me rend, l'empressement qu'on me témoigne : quel est celuy de ces deux princes que vous croyez que je regarde d'un œil plus doux?

SOSTRATE

Les doutes que l'on forme sur ces sortes de choses ne sont réglez d'ordinaire que par les interests qu'on prend.

Eriphile.

Pour qui , Sostrate , pancheriez-vous des deux ? Quel est celuy, dites-moy, que vous souhaiteriez que j'épousasse ?

Sostrate.

Ah ! Madame , ce ne seront pas mes souhaits, mais vostre inclination qui décidera de la chose. Eriphile.

Mais si je me conseillois à vous pour ce choix ?

Sostrate.

Si vous vous conseilliez à moy , je serois fort embarassé.

Eriphile.

Vous ne pourriez pas dire qui des deux vous semble plus digne de cette préférence?

Sostrate.

Si l'on s'en rapporte à mes yeux, il n'y aura personne qui soit digne de cet honneur. Tous les princes du monde seront trop peu de chose pour aspirer à vous; les dieux seuls y pourront pre-

tendre, et vous ne souffrirez des hommes que l'encens et les sacrifices.

Eriphile.

Cela est obligeant, et vous estes de mes amis. Mais je veux que vous me disiez pour qui des deux vous vous sentez plus d'inclination, quel est celuy que vous mettez le plus au rang de vos amis.

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