‹ Théâtre complet, publChapitre 163 sur 191 · ACTE II, SCENE V. a · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE V. a

Eriphile.

Je pense, Madame, qu'on m'a demandée par compliment, et on ne s'inquiète pas tant qu'on vous dit.

Aristione.

On enchaîne pour nous ici tant de divertissemens les uns aux autres que toutes nos heures sont retenues, et nous n'avons aucun moment à perdre si nous voulons les goûter tous. Entrons viste dans le bois, et voyons ce qui nous y attend ; ce lieu est le plus beau du monde, prenons viste nos places.

Molière* VI. **

TROISIEME INTERMEDE

Le théâtre est une forest où la princesse est invitée d'aller; une nymphe luy en fait les honneurs en chantant, et, pour la divertir, on luy -joue une petite comédie en musique dont voicy le sujet. Un berger se plaint à deux bergers, ses amis, des froideurs de celle qu'il ayme; les deux amis le consolent, et, comme la bergère aymée arrive, tous trois se retirent pour l'observer. Après quelque plainte amoureuse, elle se repose sur un gazon et s'abandonne aux douceurs du sommeil. L'amant fait approcher ses amis pour contempler les grâces de sa bergère, et invite toutes choses à contribuer à son repos. La bergère, en s'éveillant, voit son berger à ses pieds, se plaint de sa poursuite; mais, considérant sa constance, elle luy accorde sa demande, et consent d'en estre aymée, en présence des deux bergers amis. Deux satyres, arrivant, se plaignent de son changement, et, estant touchez de cette disgrâce, cherchent leur consolation dans le vin.

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