SCENE II
LICASTE, MENANDRE, TIRCIS.
LlCASTE.
Hé quoy! toujours languissant, sombre ettristti
Menandre.
Hé quoy! toujours aux pleurs abandonné?
TlRCIS.
Toujours adorant Caliste, Et toujours infortuné!
LlCASTE.
Domte, domte, berger, Vennuy qui te possède.
Tircis.
Eh ! le moyen, helas !
Menandre.
Fais, fais-toy quelque effort.
Tircis.
Eh!, le moyen, helas! quand le mal est trop forti
LlCASTE.
Ce mal trouvera son remède.
Tircis.
Je ne gueriray qu'à ma mort* Licaste et Menandre.
Ah! Tircis!
TROISIÈME INTERMEDE. 261
TlRCIS.
Ah! bergers
LlCASTE ET MENANDRE.
Prens sur toy plus d'empire.
Tircis.
Rien ne me peut secourir.
LlCASTE ET MENANDRE.
C'est trop, c'est trop céder.
TlRCIS.
C'est trop, c'est trop souffrir.
LlCASTE ET MENANDRE.
Quelle foiblesse !
TlRCIS.
Quel martyre!
LlCASTE ET MENANDRE.
Il faut prendre courage.
TlRCIS.
Il faut plûtost mourir.
LlCASTE.
Il n'est point de bergère Si froide et si severe Dont la pressante ardeur D'un cotur qui persévère Ne vainque la froideur.
Menandre.
Il est, dans les affaires Des amoureux mystères, Certains petits momens Qui changent les plus fieres Et font d'heureux amans.
TlRCIS.
Je la voy, la cruelle,
t6i LES AMANS MAGNIFIQUES.
Qui porte icy ses pas; Gardons d'estre veu d'elle,
L'ingrate, helas!
N'y viendroit pas.