DEUX SATYRES, TIRCIS, LICASTE, CALISTE
Premier Satyre.
Quoy ! tu me fuis, ingrate, et je te vois icy De ce berger à moy faire une préférence ?
Deuxième Satyre.
Quoy ! mes soins n'ont rien pu sur ton indifférence, Et pour ce langoureux ton cœur s'est adoucy ? Caliste.
Le destin le veut ainsi, Prenez tous deux patience.
Premier Satyre.
Aux aymans qu'on pousse à bout L'amour fait verser des larmes; Mais ce n'est pas nostre goust, Et la bouteille a des charmes Qui nous consolent de tout.
j66 LES AMANS MAGNIFIQUES.
Deuxième Satyre.
Nostre amour n'a pas toujours Tout le bonheur qu'il désire ; Mais nous avons un secours, Et le bon vin nous fait rire Quand on rit de nos amours.
Tous.
Champestres divinitez, Faunes, driades, sortez De vos paisibles retraites ; Meslez vos pas à nos sons, Et tracez sur les herbettes L'image de nos chansons.
PREMIERE ENTRÉE DE BALLET
En mesme temps, six driades et six faunes sortent de leurs demeures, et font ensemble une dance agréable, qui, s'ouvrant tout d'un coup, laisse voir un berger et une bergère qui font en musique une petite scène d'un dépit amoureux.