‹ Théâtre complet, publChapitre 168 sur 191 · DEPIT AMOUREUX · texte numérisé non relu

DEPIT AMOUREUX

CLIMENE, PHILINTE.

Philinte.

Quand je plaisois à tes yeux> J'estois content de ma vie,

TROISIEME INTERMEDE. 267

Et ne voyois roy ny dieux Dont le sort me fît envie.

Climene.

Lorsqu'à toute autre personne Me preferoit ton ardeur, J'aurois quitté la couronne Pour régner dessus ton cœur.

Philinte.

Une autre a guery mon ame Des feux que j'avois pour toy.

Climene.

Un autre a vangé ma flàme Des foiblesses de ta foy.

Philinte.

Cloris, qu'on vante si fort, M'aime d'une ardeur fidelle; Si ses yeux vouloient ma mort, Je mourrois content pour elle,

Climene.

Mirtil, si digne d'envie, Me chérit plus que le jour ; Et moy, je perdrois la vie Pour luy montrer mon amour.

Philinte.

Mais si d'une douce ardeur Quelque renaissante trace Chassoit Cloris de mon cœur Pour te remettre en sa place?

Climene.

Bien qu'avec pleine tendresse Mirtil me puisse chérir,

Avec toy, je le confesse, Je voudrois vivre et mourir.

Tous Deux ensemble.

Ah! plus que jamais aymons-nous, Et vivons et mourons en des liens si doux.

Tous les Acteurs de la Comédie chantent:

Amans, que vos querelles Sont aymables et belles!

Qu'on y voit succéder De plaisir, de tendresse!

Querellez-vous sans cesse Pour vous racommoder !

Amans, que vos querelles Sont aymables et belles / etc.

DEUXIÈME ENTRÉE DE BALLET

Les faunes et les driades recommencent leur dance , que les bergères et bergers musiciens entremeslent de leurs chansons, tandis que trois petites driades et trois petits faunes font paroistre dans l'enfoncement du théâtre tout ce qui se passe sur le devant.

Les Bergers et Bergères.

Jouissons, jouissons des plaisirs innocens Dont les feux de l'amour sçavent charmer nos sens Des grandeurs qui voudra se soucie ; Tous ces honneurs dont on a tant d*envie Ont des chagrins qui sont vieillissans.

TROISIÈME INTERMEDE. 269

Jouissons, jouissons des plaisirs innocens Dont les feux de l'amour sçavent charmer nos sens. En aymant, tout nous plaist dans la vie :

Deux cœurs unis de leur sort sont contens;

Cette ardeur, de plaisirs suivie, De tous nos jours fait d'éternels printemps.

Jouissons, jouissons des plaisirs innocens Dont les feux de l'amour sçavent charmer nos sens.

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