‹ Théâtre complet, publChapitre 182 sur 191 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

CLITIDAS, ERIPHILE.

Clitidas.

De quel costé porter mes pas? où m'aviseray-je d'aller, et en quel lieu puis-je croire que je trouveray maintenant la princesse Eriphile? Ce n'est pas un petit avantage que d'estre le premier à porter une nouvelle. Ah! la voila! Madame, je vous annonce que le Ciel vient de vous donner l'époux qu'il vous destinoit

Eriphile.

Eh ! laisse-moy , Clitidas , dans ma sombre mélancolie.

Clitidas.

Madame, je vous demande pardon. Je pensois faire bien de vous venir dire que le Ciel vient de vous donner Sostrate pour époux; mais, puisque cela vous incommode, je rangaîne ma nouvelle, et m'en retourne droit comme je suis venu.

Eriphile.

Clitidas! hola, Clitidas!

Clitidas.

Je vous laisse, Madame, dans vostre sombre mélancolie.

Arreste, te dy-je; approche. Que viens-tu me dire?

Clitidas.

Rien, Madame. On a parfois des empresse mens

de venir dire aux grands de certaines choses dont

ils ne se soucient pas, et je vous prie de m'excuser.

Eriphile.

Que tu es cruel !

Clitidas.

Une autre fois j'auray la discrétion de ne vous pas venir interrompre.

Eriphile.

Ne me tiens point dans l'inquiétude. Qu'est-ce que tu viens m'annoncer?

Clitidas.

C'est une bagatelle de Sostrate, Madame, que je vous diray une autre fois , quand vous ne serez point embarrassée.

Eriphile.

Ne me fais point languir davantage, te dis-je, et m'apprends cette nouvelle.

Clitidas.

Vous la voulez sçavoir, Madame?

Eriphile.

Oûy, dépesche. Qu'as-tu à me dire de Sostrate?

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