SCENE II
ARISTIONE, SOSTRATE, ERIPHILE, CLITIDAS.
Aristione.
Je voy , ma fille, que vous sçavez déjà tout ce que nous pourrions vous dire. Vous voyez que les dieux se sont expliquez bien plûtost que nous n'eussions pensé ; mon péril n'a gueres tardé à * nous marquer leurs volontez, et Ton connoist assez que ce sont eux qui se sont meslez de ce choix, puisque le mérite tout seul brille dans cette préférence. Aurez-vous quelque répugnance à recompenser de vostre cœur celuy à qui je dois la vie, et refuserez-vous Sostrate pour époux?
Eriphile.
Et de la main des dieux et de la vostre , Madame, je ne puis rien recevoir qui ne me soit fort agréable.
Sostrate.
Ciel ! n'est- ce point icy quelque songe tout plein de gloire dont les dieux me veuillent flater, et quelque réveil mai-heureux ne me replonger a- t-il point dans la bassesse de ma fortune ?