‹ Théâtre complet, publChapitre 41 sur 191 · MAISTRE JACQUES, VALERE · texte numérisé non relu

MAISTRE JACQUES, VALERE

Valere.

A ce que je puis voir, Maistre Jacques, on paye mal vostre franchise.

Maistre Jacques.

Morbleu ! Monsieur le nouveau venu, qui faites l'homme d'importance, ce n'est pas vostre affaire. Riez de vos coups de baston quand on vous en donnera, et ne venez pas rire dès miens.

Valere.

Ah ! Monsieur Maistre Jacques, ne vous fâchez pas, je vous prie.

Maistre Jacques, [à part].

Il file doux. Je veux faire le brave, et, s'il est assez sot pour me craindre, le frotter quelque peu. [Haut,] Sçavez-vous bien, Monsieur le rieur, que je ne ris pas, moy, et que, si vous m'échaufez la teste, je vousferay rire d'une autre sorte?

(Maistre Jacques pousse Valere jusques au bout du théâtre en le menaçant) Valere.

Eh! doucement!

Maistre Jacques.

Comment, doucement? Il ne me plaist pas, moy!

Valere.

De grâce!

7 o L'AVARE.

Maistre Jacques.

Vous estes un impertinent.

Valere.

Monsieur Maistre Jacques !

Maistre Jacques.

Il n'y a point de Monsieur Maistre Jacques pour un double. Si je prens un baston, je vous rosseray d'importance.

Valere.

Comment ! un baston ?

(Valere le fait reculer autant qu'il Va fait.)

Maistre Jacques.

Eh ! je ne parle pas de cela.

Valere.

Sçavez-vous bien, Monsieur le fat, que je suis homme à vous rosser vous-mesme?

Je n'en doute pas.

Que vous n'estes, pour tout potage, qu'un faquin de cuisinier?

Maistre Jacques.

Je le sçay bien.

Valere.

Et que vous ne me connoissez pas encore ?

Maistre Jacques.

Pardonnez-moy.

Valere.

Vous me rosserez, dites-vous?

Maistre Jacques.

Je le disois en raillant.

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