‹ Théâtre complet, publChapitre 54 sur 191 · ACTE IV, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE I

tout son bien par contract de mariage ; et je ne doute point qu'il ne prestast l'oreille à la proposition : car enfin il vous aime fort, je le sçay, mais il aime un peu plus l'argent ; et, quand, ébloûy de ce leurre, il auroit une fois consenty à ce qui vous touche, il importerait peu en suite qu'il se desabusast, en venant à vouloir voir clair aux effets de nostre marquise.

Cleante.

Tout cela est fort bien pensé.

Frosine.

Laissez-moy faire. Je viens de me ressouvenir d'une de mes amies qui sera nostre fait.

Cleante.

Sois assurée, Frosine, de ma reconnoissance, si tu viens à bout de la chose. Mais, charmante Mariane, commençons, je vous prie, par gagner vostre mère ; c'est toujours beaucoup faire que de rompre ce mariage. Faites-y de vostre part, je vous en conjure, tous les efforts qu'il vous sera possible. Servez-vous de tout le pouvoir que vous donne sur elle cette amitié qu'elle a pour vous; déployez sans reserve les grâces éloquentes, les charmes tout puissans, que le Ciel a placez dans vos yeux et dans vostre bouche, et n'oubliez rien, s*il vous plaist, de ces tendres paroles, de ces douces prières et de ces caresses touchantes à qui je suis persuadé qu'on ne sçauroit rien refuser. Mariane.

J'y feray tout ce que je puis, et n'coiblîray aucune chose.

9 o L'AVARE.

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