‹ Théâtre complet, publChapitre 85 sur 191 · ACTE I, SCENE I. i · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE I. i

■dans l'occasion , et que l'ingénieuse Nerine et l'adroit Sbrigani entreprennent l'affaire.

Nerine.

Assurément. Vostre père se moque-t-il de vouloir vous anger de son avocat de Limoges, monsieur de Pourceaugnac , qu'il n'a veu de sa vie , et qui vient par le coche vous enlever à nostre barbe? Faut-il que trois ou quatre mille escus de plus, sur la parole de vostre oncle, luy fassent rejetter un amant qui vous agrée? et une personne comme vous est-elle faite pour un Limosin ? S'il a envie de se marier, que ne prend-il une Limosine, et ne laisse-t-il en repos les chrestiens? Le seul nom de Monsieur de Pourceaugnac m'a mise dans une colère effroyable. J'enrage de Monsieur de Pourceaugnac. Quand il n'y auroit que ce nom-là , Monsieur de Pourceaugnac, j'y brûleray mes livres, ou je rompray ce mariage , et vous ne serez point Madame de Pourceaugnac. Pourceaugnac ! cela se peut-il souffrir? Non, Pourceaugnac est une chose que je ne sçaurois suporter, et nous luy jouerons tant de pièces, nous luy ferons tant de niches sur niches, que nous renvoyerons à Limoges Monsieur de Pourceaugnac.

Voicy nostre subtil Napolitain, qui nous dira des nouvelles.

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