‹ Théâtre complet, publChapitre 91 sur 191 · ACTE I, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE III

Monsieur de Pourceaugnac.

Ah! ah!

Sbrigani.

De franc.

Ah! ah!

Et de cordial.

Monsieur de Pourceaugnac.

Ah ! ah !

Sbrigani.

Je vous assure que je suis tout à vous.

Monsieur de Pourceaugnac.

Je vous ay beaucoup d'obligation.

Sbrigani.

C'est du fond du cœur que je parle.

Monsieur de Pourceaugnac.

Je le croy.

Sbrigani.

Si j'avois l'honneur d'estre connu de vous, vous sçauriez que je suis un homme tout-à-fait sincère. Monsieur de Pourceaugnac.

Je n'en doute point.

Sbrigani.

Ennemy de la fourberie.

Monsieur de Pourceaugnac.

J'en suis persuadé.

Sbrigani.

Et qui n'est pas capable de déguiser ses sentimens.

Monsieur de Pourceaugnac.

C'est ma pensée.

Vous regardez mon habit, qui n'est pas fait comme les autres ; mais je suis originaire de Naples, à vostre service, et j'ay voulu conserver un peu et la manière de s'habiller et la sincérité de mon pais.

Monsieur de Pourceaugnac.

C'est fort bien fait. Pour moy, j'ay voulu me mettre à la mode de la cour pour la campagne. Sbrigani.

Ma foy, cela vous va mieux qu'à tous nos courtisans.

Monsieur de Pourceaugnac.

C'est ce que m'a dit mon tailleur; l'habit est propre et riche, et il fera du bruit icy.

Sbrigani.

Sans doute. N'irez-vous pas au Louvre ?

Monsieur de Pourceaugnac.

Il faudra bien aller faire ma cour.

Sbrigani.

Le Roy sera ravy de vous voir.

Monsieur de Pourceaugnac.

Je le croy.

Sbrigani.

Avez-vous arresté un logis?

Monsieur de Pourceaugnac.

Non, j'allois en chercher un.

Sbrigani.

Je seray bien aise d'estre avec vous pour cela, et je connois tout ce païs-cy.

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