ACTE I, SCENE III. i
Sbrigani.
Homme d'esprit.
Monsieur de Pourceaugnac.
Qui a étudié en droict.
Sbrigani.
Il vous fait trop d'honneur de venir dans vostre ville.
Monsieur de Pourceaugnac.
Sans doute.
Sbrigani.
Monsieur n'est point une personne à faire rire.
Monsieur de Pourceaugnac.
Assurément.
Et quiconque rira de luy aura affaire à moy.
Monsieur, je vous suis infiniment obligé.
Sbrigani.
Je suis fâché, Monsieur, de voir recevoir de la sorte une personne comme vous, et je vous demande pardon pour la ville.
Monsieur de Pourceaugnac.
Je suis vostre serviteur.
Sbrigani.
Je vous ay veu ce matin, Monsieur, avec le coche, lorsque vous avez déjeuné, et la grâce avec laquelle vous mangiez vostre pain m'a fait naistre d'abord de l'amitié pour vous ; et, comme je sçay que vous n'estes jamais venu en ce païs. et que vous y estes tout neuf, je suis bien aise de vous avoir trouvé pour vous offrir mon service à cette arrivée, et vous aider à vous conduire parmy ce Molière. VI. 19
146 MONSIEUR DE POU RCE AUGN AC.
peuple, qui n'a pas par fois pour les honnestes gens toute la considération qu'il faudroit.
Monsieur de Pourceaugnac.
C'est trop de grâce que vous me faites.
Sbrigani.
Je vous l'ay déjà dit : du moment que je vous ay veu, je me suis senty pour vous de l'inclination. Monsieur de Pourceaugnac.
Je vous suis obligé.
Sbrigani.
Vostre phisionomie m'a plû.
Ce m'est beaucoup d'honneur.
Sbrigani.
J'y ay veu quelque chose d'honneste.
Monsieur de Pourceaugnac.
Je suis vostre serviteur.
Sbrigani.
Quelque chose d'aimable.
Monsieur de Pourceaugnac.
Ah! ah!
Sbrigani.
De gracieux
Monsieur de Pourceaugnac.
Ah! ah!
Sbrigani.
De doux.
Monsieur de Pourceaugnac.
Ah! ah!
Sbrigani.
De majestueux.