ACTE I, SCENE IV. i5S
Monsieur de Pourceaugnac.
Je les ay laissées avec mon valet où je suis descendu.
Eraste.
Envoyons-les quérir par quelqu'un.
Monsieur de Pourceaugnac.
Non, je luy ay défendu de bouger, à moins que j'y fusse moy-mesme, de peur de quelque fourberie.
Sbrigani.
C'est prudemment avisé.
Monsieur de Pourceaugnac.
Ce païs-cy est un peu sujet à caution.
Eraste.
On voit les gens d'esprit en tout.
Je vais accompagner Monsieur, et le rameneray où vous voudrez.
Eraste.
Oûy, je seray bien aise de donner quelques ordres , et vous n'avez qu'à revenir à cette maison-là.
Sbrigani.
Nous sommes à vou* tout à l'heure.
Eraste.
Je vous attens avec impatience.
Monsieur de Pourceaugnac, [à Sbrigani], Voila une connoissance où je ne m'attendois point.
Sbrigani.
Il a la mine d'estre honneste homme.
i56 MONSIEUR DE POURCEAUGNAC.
Eraste, seul.
Ma foy, Monsieur de Pourceaugnac , nous vous en donnerons de toutes les façons : les choses sont préparées, et je n'ay qu'à fraper.