M.\R!ETTE
Attendez ! j'ai eu. il y a quelques mois, un certain penchant pour quelqu'un.
LE HIBEL Eh! eh!
MARIETTE
Mais ce quelqu'un a disparu.
LE HIBEL Le penchant aussi?
MARIETTE
Je crois. En tout cas, ce garçon n'a jamais rien été pour moi; je ne l'ai plus revu et je ne le reverrai sans doute jamais. Dans ces corditions, pous pouvez être bien tranquille, je vous serai fidèle.
Ça me changera.
Vous TOUS y ferez, vous verrez.
LE HIBEL On se fah à tout, même aux choee« agréabks.
MARIETTE
Je n'y aurai d'ailleurs pas grand mérite, je vous dois tant. Comme camériste, j'étais partie placée ; grâce à vous, j'arrive gagnante.
LE HIBEL, l'embrassant Et le poteau, c'est moi.
MARIETTE, se levant
Vous permettez? C'est pour ma robe. {Mariette s'approche du téléphone qui est sur le meuble de gauche, premier plan. Téléphonant.) Allô, allô!... Elysées 85 deux fois... Allô... C'est vous. Jasmin? (Le Hihel rit. A Le Hihel.) Pourquoi riez- vous?
LE HIBEL
J'adore ce prénom démodé dont vous avez afFublé ce brave Zozo. Ça vous a un petit air de distinction périmée tout à fait agréable.
MARIETTE
Il me plaît de le remettre à la mode. {Au téléphone.) Ahl c'est vous. Jasmin... Vous savez, la robe qu'on m'a envoyée hier de chez Fanny frères... Faites-en soigneusement un paquet et apportez-la-moi tout de suite au théâtre. Sautez dans un taxi, je l'attends d'urgence. {Fermant le téléphone.) Et voilà.
LE HIBEL, lui baisant la main Je sens que je vais être très heureux.
Mais moi aussi. {A ce moment on frappe à la porte.) Entrez.