‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 187 sur 194 · SCÈNE m SIMONE. BOURLAND, puis HERICY · texte numérisé non relu

SCÈNE m SIMONE. BOURLAND, puis HERICY

SIMONE, vite Vous ne savez pas où il peut être?

BOURLAND Non. madame.

SIMONE, de même Vous ne savez pas où il est allé hier soir?

BOURLAND, hésitant

Eh bien... Jusqu'à dix heures, si. madame. Nous avons dîné ensemble. Le docteur m'avait prié de lui tenir compagnie; je n'étais pas libre, mais il a insisté de telle façon que je n'ai pas cru devoir lui refuser.

SIMONE, très surprise Ah!... Et pendant le dîner, comment était-il?

BCURLAND

Mais, comme d'habitude. Assez distrait, sans doute, et même un peu nerveux. Toutes les cinq minutes, il tirait sa montre et regardait l'heure. A dix heures, il a prétexté une migraine et m'a redemandé sa liberté. Nous nous sommes séparés au coin de la rue Royale et du faubourg Saint-Honoré. Il m'a donné rendez-vous pour dix heures et demie ce matin en me priant d'être exact. C'est tout ce que je sais.

SIMONE

Et, depuis ce moment, vous êtes, comme nous, sans nouvelles de lui?

Oui, madame.

SIMONE, se levant

Je commence à être très inquiète. (On entend sonner. Simone s'arrête, anxieuse, el écoute. A Bourland.) Oui, oui. Ça ne peut pas être lui, mais c'est peut-être quelqu'un qui vient de sa part, qui nous apporte de ses nouvelles. Chut! Ecoutez. On discute. Ce doit être grave. On veut me cacher quelque chose. Mais je saurai, je saurai. (Elle se précipite à la porte de V antichambre, l'ouore, ei aperçoit Hérlcy discutant avec Pierre.) Monsieur Héricyl vous! à celte heure! Entrez, je vous prie, et parlez! parlez-moi, tout de suite; c'est pour moi que vous venez, n'est-ce pas? Ne me cachez rien, je vous en supplie!

HÉRICY

Je vous demande pardon de vous déranger, madame, mais...

SIMONE, avec fébrilité

Vous venez de sa part? Enfin, vous savez quelque chose? Vous savez où il est?

HÉRICY

Je ne vous comprends pas, madame, je vous assure.

SIMONE

Voyons, votre présence chez nous, ce matin, à cette heure, vous qui n'êtes jamais venu ici, elle a une raison, n'est-ce pas? Oh! je vous en prie, ne me laissez pas dans cet état d'affolement... parlez, je serai forte...

Très sincèrement, madame, je ne m'explique pas vos paroles. Je venais voir le docteur que j'ai déjà vu hier. Je croyms le trouver chez lui, il m'avait donné rendezvous... Je devine qu'il se passe ici quelque chose d'anormal... et...

SIMONE

Monsieur Bourland, je vous en prie, téléphonez donc à l'hôpital... Peut-être de ce côté aurons-nous des nouvelles.

(// sort à droUe.)

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