SCÈNE VU
SAZY, puis MADAME SALANZY et JACK
SAZY, prend sa glace et se sourit avec complaisance Heureusement j'étais jolie! Et je ne l'attendais pas! Entrent Madame Salanz^) et Jacf^.
MADAME SALANZY
Rien de grave, au moins, Sazy?
SAZY
Rassurez-Yous, ma mère, une simple migraine. Eh bien, Jack...
JACK, hésiiani
J'peint, maman...
SAZY
Mais oui, on te permet, petit serin. (J^<^k ^c précipite.) Hé là! modère-toi, mon chéri; tu vas me faire mal.
MADAME SALANZY Jack!
SAZY
Ne le grondez pas, ma mère. C'est de son âge. Viens là, Jack.
Elle lui fait signe de s'asseoir sur son lit, Jack hésite.
Ce n'est pas convenable, Sazy.
SAZY
Jack ne peut pas s'asseoir sur le lit de sa sœur?
MADAME SALANZY
Il sera tout aussi bien sur une chaise.
SAZY
Il sera trop loin de moi... Tiens, assieds-toi là, à cette place.
Jack, s'asse^ant à la même place que Georges
C'est drôle, on dirait qu'elle est toute chaude.
SAZY, un peu gênée
Mais non, mais non... Montre-toi voir im peu, Jack; tu as bonne mine. Et moi, comment me trouves-tu?
JACK
Je te trouve tiès jolie, et Je trowve aussi tjue ça sent tris bon chez toi.
MADAME SALANZY
Jackî Un garçon bien élevé ne doit pas remarquer ei ça sent bon ou mauvais autour de lui.
SAZY
Ma mère, laissez-le donc parler à son aise... Je le vois si rarement, ce petit. Alors, tu es content que je sois ta sœur?
Je serais plus content si tu Tétais plu5 souvent. SAZY
Ah! ça, c'est gentil, Jack! Vous voyez, ma mère. Tiens, embrasse-moi pour cette bonne parole.
MADAME SALANZY
Inutile! Jack vous embrassera, Sazy, cjuand il vous dira adieu.
Saz^ rembraôsc sans répondre.
SAZY, à Jack C'est bon?
JACK Oh! oui!
MADAME SALANZY
Je vous avais bien dit que vous me feriez regretter de vous l'avoir amené, Sazy.
JACK, prenant une petite boîte sur la table de nuit
Qu'est-ce que c'est que ça?
MADAME SALANZY
Jutk, si vuui u^ icstcz pas tiati^uille, je vous rinni?;n€ twut de àuiu.
SAZY C'est de la poudre de riz; veux-tu que je t'en mette?
JACK J'veux bien.
Elle lui pasic la houppette sur la figure.
Ça te plaît?
JACK
Oui, ça fait doux.
MADAME SALANZY, très guindée
Heureusement ces inconvenances ne se renouvel 1er oni plus, Jack; dans huit jours, vous serez en bonnes mains.
SAZY
C'est vrai, mon pauvre chéri! tu vas t'en aller en Angleterre; tu dois être content de voyager, hein?
JACK
J'aimerais mieux rester ici.
SAZY
Tu as tort. D'abord tu verras un pays nouveau; et puis, tu apprendras à fond l'anglais, que tu parles à peine.
JACK, résolumeni Non.
SAZY Comment, tu n'apprendras pas l'anglais?
JACK Non, j'veux pas, c'est une langue qui m'ennuie.
SAZY
Comment peux-tu le savoir? tu ie baragouines, mais tu ne le connais pas.
Justement. Tout c'que je n'connais pas m'ennuie.
MADAME SALANZY
Vous voyez, Sazy, combien votre frère a besoin d'être sérieusement et sévèrement surveillé...
SAZY
Sans doute, ma mère, sans doute... Mais, dis-moi, Jack, tu n'as pas de chagrin au moins de partir?
JACK, se conîenani par amour-propre
J'aurais du chagrin si j'voulais, mais j'veux pas avoir de chagrin.
SAZY, gmiiment Pauvre petit Jack, si j'avais su!
MADAME SALANZY, intervenant
Il est tout naturel que Jack éprouve de la peine de quitter ceux qui Taiment; mais dans l'intérêt de son avenir...
SAZY
Dire que c'est toujours avec notre avenir qu'on trouve moyen de nous gâcher le présent! Enfin, Jack, il ne faut pas m'en vouloir; c'est pour ton bien qu'un de mes amis est allé en Angleterre te choisir une excellente pension où tu seras le mieux du monde.
Jacs, sournoisement, mais doucereusement Ah! c'est un d'tes amis qui a fait ça! Lequel, dis?
Tu peux k voir, il eét justoment ici ; tu le recnercieras gentiment, n'est-ce pas?
JACK
Oui, oui, sois tranquille.
Elle sonne.
SAZV
Maintenant descends et assieds-toi là. Allons! Sois raisonnable I
Il s'assied à califourchon sur une chaise.
MADAME SALANZY
Pas comme cela. Voulez-vous bien vous tenir ou je vous emmène?
JACK
Oh! quelle scie! On n'peut rien faire comme on veut !