SCÈNE Xlî
CLOTILDE. puis LUCIENNE
Clotilde écoule M"" Holska s^éloigner, rentre, va sur le balcon, lui fait un geste d'adieu, descend, regarde la porte de sa chambre, réfléch.it, fait un geste énergique ei résolument va ouvrir la porte en murmurant.
CLOTÎLDE, à part Pauvre gosse!
LUCIENNE, violemment Eh bien, où est-elle?
CLOTILDE, avec précaution Lucienne !
LUCIENNE, fauchée Partie! C'était donc vrai, mon Dieu!
Elle tombe sur le canapé.
CLOTILDE, la dominant avec énergie
Ecoute. Tu aimes un homme qui ne le mérite pas, qui est un misérable; mais tu l'aimes. C'est un fait, il n'y a pas à discuter. Tu l'aimes et tu ne veux pas qu'il «n épouse une autre. Eh bien, ne dépense pas stupidement ta force à gémir comme une enfant; défends-toi; défends ton bonheur; défende ta vie. Je suis avec toi; J€ t'aiderai de toutes mes forces et de tout mon cœur.
LUCIENNE, lui iendcrd la main
Ahl ClctiMe!
CLOTILDE
Debout! du courage! Redresse- toi. Tu veux vaincre? Ne pense qu'à vaincre.
LUCIENNE Mais comment?
On trouvera. Debout d'abord.
LUCIENNE, se levant
Tu as raison. C'est fini. Je suis forte. Je ?uis pr^e à lutter; guide-moi, conseille-moi, je t'obéirai aveuglément.
CLOTILDE, Vemhrassani
Bien. [Ecoutant.) Chut! j'entends des yoix! On n'a pas soniié! C'est mon mari et le tien qui rentrent. Vite, prouve-moi que tu m'as comprise, et que tu mérites de triompher. {Elle va fermer la porte.) D'abord, tiens, mets-toi ici, à contre-jour; on ne verra pas que Ui as pleuré. Et puis... {Lui ofrcni des gâteaux.) Si... si!... il faut... reprends des forces... tu dois être épuisée. Allons! {Elle la f^rce à se servir.) Oui! c'est comique, le tragique de la vie. On est là; en a la mort dans le cœur, la gorge serrée; on ne peut pas avaler — et il faut s'étouffer de gâteaux. Ils sont bons d'ailleurs, tu sais ; on me les choi-^it; on connaît mes goûts. Tiens, je te