SCÈNE III D. FERNAND, ISABELLE, BÉATRIX
D. FERNAND
Le parti, ma fille, est important.
Quand don César viendra, pourluiparattreaimable, Prends un air enjoué, complaisant, agréable, Et l'attire si bien, que, l'hymen résolu, Par ses propres désirs, dès demain, soit conclu; Tu lui plairas sans doute.
ISABELLE
Et s*il ne peut me plaire?
D. FERNAND
II est unique, et c'est un Crésus que son père. Tu rouleras sur l'or en l'épousant.
ISABELLE
Tant mieux, L'or est une couleur qui réjouit les yeux; Mais le cœur?
BÉATRIX
De quel soin vous chargez-vous? En somme Il est riche, peut-il n'être pas honnête homme?
D. FERNAND
Béatrix a raison, l'argent est le bon mot, Et tout gueux, quel qu'il soit, ne peutêtre qu'unsot. Je me souviens du temps où dans notre jeune âge Je fis avec son père un assez long voyage. Nous étions l'un pour l'autre amis si complaisants, t Qu'aux Indes pour lui seul je m'arrêtai six ans; '• C'est là qu'a commencé sa première fortune. Il me jura dès lors que nous l'aurions commune, Elle s'est augmentée ; et, quoique rarement L'amitié tienne bon contre l'éloignement, Les lettres ont toujours, malgré vingt ansd'absen- Entretenu le cours de notre intelligence. [ce, Nous avons l'un de l'autre assuré le crédit. Je l'emploie à Séville, il m'emploie à Madrid, Et sur divers payements, par la première lettre, J'attends vingt mille écus qu'il cherche à me re- Son fils sera chargé de lettres pour cela, [mettre.
ISABELLE
J'appréhende si fort...
BÂATRIX.
Taisez-vous, le voilà.