DON CÉSAR D'AVALOS, ACTE II, SCÈNE VI
{A D. César.) Hé bien?
D. CBSAR.
Je D'osé encor vous appeler mon père, Taot le trouble stupide où vous m'avez surpris Me fait peu mériter le nom de voire fils. J*eusse écouté le sang, et cru son témoignage^ Sans la noire vapeur d'un importun nuage. Qui me cachant vos traits, m'a fait tenir suspect Ce que pour vous d'abord j'ai senti de respect. Cet oubli, malgré moi, de temps en temps m'arrive; Je me fais des objets une image tardive, Mais enfin cela passe, et mes égarements Me laissent à moi-même après quelques moments.
D. FERNAND
Comme cet accident provient de maladie.
Il sera bien fâcheux, si Ton n'y remédie. Plus qu'en tout autre lieu sur mille maux divers, Nous avons à Madrid des médecins experts. Nous les assemblerons.
O. CÉSAR
Hélas I chacun raisonne Selon...
CARLIN
Surtout, monsieur, la sueur vous est bonne, Car vous avez le sang humide, intempéré.
D. FBRNAND.
H a pour vous du zèle, et je lui sais bon gré.
CARLIN
Monsieur, il est bon maître, et l'on n'en trouve guè- BiATRix, à Isabelle. [re.
Vous soupirez?
ISABELLE
Hélas I faut-il qu'il soit mon frère!
Car ne me parle plus de don César.
o. FBRIVAND.
Enfin J'aurais tort si j'osais me plaindre du destin. H ne manque plus rien à ma joie. Etmon gendre?
o. CÉSAR.
Son gendre I
D. FERNAND
Il va, sans doute, être ravi d'apprendre...
DÉATRIX.
Pour faire un tour en ville, il ne fait que sortir.
D. FBRNÀNO.
Je crains qu'il ne visite, il fallait m'avertir. Par lettres la partie est peut-être liée.
o. CÉSAR.
Quoi, mon père, ma sœur est-elle mariée?
D. FERNAND
Non, et vous ne pouviez arriver plus à point.
D. CÉSAR
Ma sœur mérite bien que...
D. FERNAND
Ne la flattez point, Une fille à s'aimer n'est toujours que trop prête. Entrons, mon fils, je veux vous parler tête à tête. Depuis votre départ j'ai sur quoi m'ezpliquer.
D. CÉSAR, à Isabelle.
Ma sœur, au rendez-vous, il nous faudra minqucrJ
Que direz-vous de moi ? Ma honte en est eitrème.
D. CÉSAR
Aimez-moi seulement autant que je vous aime.