‹ Théatre completChapitre 110 sur 1461 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

D. JUAN, seul.

Enfin ma prison cesse, et par cette retraite En vain j'ai cru tenir ma passion secrète ; Ma mauvaise fortune a su la révéler ; J'ai de quoi toutefois encor m'en consoler. Sous ce prétexte faux de procès et d'afl'aire, Mon retour à Madrid passe pour nécessaire, Et malgré mon rival, cette feinte me sert A trouver chez Lucrèoe un accès plus ouvert. C'est en vain, Léonor, que ton cœur en murmure. Je ne suis point ingrat, je ne suis point parjure, Mes sentiments pour toi sont les mêmes encor, Léonor à mes yeux est toujours Léonor ; Cent bienfaitsdans tonsort font que je m'intéresse. Tu les versas sur moi toujours avec largesse : Mais s'ils ne m'out pu mettre enfin dans tes liens, lis ne sont pas perdus puisque je m'en souviens. N'exige rien de plus, j'ai pour toi grande estime ; Mais je ne puis t'aimer, sans me noircir d'un crime :

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