CIRCÉ, PROLOGUE, SCÈNE U
De cet auguste roi fait briller le mérite,
Pour le suivre chacun me quitte,
Et je vois mes temples déserts.
Cette foule qui plaît, quand même elle importune, Dédaignant mes faveurs brigue son seul appui; U me ravit mes droits, et ce n'est plus qu'en lui
Qu'on, songe à chercher la fortune.
Jugez à me voir sans honneurs.
Jusqu'où va l'ennui qui me presse, Car c'est en vain que le nom de déesse Me fait attendre encor quelques adorateurs. De quelque rang qu'on soit, les biens seuls qu'on
Nous attirent ces vœux pressants [dispense
Dont nous aimons la déférence;
Et les dieux qui sont sans puissance,
Ne reçoivent guère d'encens.
MARS
Je vois venir l'Amour. Qu'aura-t-il à nous dire?
LA FORTUNE
La Renommée arrive aussi; Mais lorsque son emploi de tous côtés l'attire^ D'où vient qu'elle s'arrête ici?
(L'Amour et U Renommée paraissent portés chacun sur un nuage.)