GLAUCUS, PALÉMON, CÉLIE, MÉUSSE
GLAUCUS
Quoi, seules sans Sylla?
CÊLIB.
Derrière ce coteau Elle a trouvé la nymphe Galatée, Avec qui, par respect, elle s'est arrêtée.
GLAUCUS
Sans cette occasion, il m'eût paru nouveau Que vous l'eussiez ainsi l'une et l'autre quittée. Que m'en apprendrez-vous, et que dois-je espérer Du pur amour que je lui fais paraître?
CÉLIB.
Sa fierté peut ne pas durer; Mais qui risque sur un peut-être, A quelquefois longtemps à soupirer.
MÉLISSE
Seigneur, si vous m'en voulez croire, Vous cesserez d'aimer qui ne vous aime pas, Vous devez cet effort au soin de votre gloire;
Et c'est vous ravaler trop bas,
Que de céder une victoire Dont vous voyez qu'on fait si peu de cas.
CÉLIB.
Contre l'amour Mélisse est toujours animée, Et dit plus qu'elle ne ferait.
HBLISSE.
Il est vrai que jamais je n'eus l'âme enflammée;
Mais le dépit me guérirait, Si j'aimais un moment sans que je fusse aimée.
GLAUCUS
Non, vos conseils sont superflus, Mélisse, il faut que j'aime, et le destin l'ordonne; Mais lorsque tout mon cœur à Sylla s'abaudoime»
aRCÉ, ACTE I, SCÈNE lU.
!Ou'ai-je en moi qui me doive attirer ses refus? iloD ri?a] Taut-î] tant qu'elle me le préfère,
Quand il s*agit de choisir un époux?
El suis-je fait d*ua air...
GKLIB.
Non, seigneur, an contraire, iir, taille, mine, port, tout est brillant en vous; El TOUS auriez le cœur de quelqu'une de nous, Si quelqu'une de nous avait Theur de vous plaire.
HBUSSB.
Ooi cherche à prévenir d'un air si gracieux. Boit se sentir d'humeur à ne se point défendre.
CÊLIE.
tans doute, je tiendrais le parti glorieux. Car, comme vous, je ne veux pas le prendre Sur le ton fier et sérieux; JUis, soit dit sans blesser le pouvoir de vos yeux, Qui vous donne droit de prétendre Jusqu'à la tendresse des dieux?
Celle qu'on voit qui se défend le mieux. Est quelquefois la plus prête à se rendre.
PALÉMON
Celle est sans façon, et je l'aime par là.