‹ Théatre completChapitre 1164 sur 1461 · SCÈNE VII GLAUCUS, QRCÉ, SYLLA, PALÉMON, DORINE · texte numérisé non relu

SCÈNE VII GLAUCUS, QRCÉ, SYLLA, PALÉMON, DORINE

GLAUCUS

Quoi, toujours vous me fuyez ainsi, Belle ingrate?

SYLLA

Quelle surprise!

Voir le prince de Thrace ici?

GLAUCUS

Écoutez-moi, de grâce, et d'un œil adouci Regardez un amant que sa flamme autorise...

CIRCÉ

Quelle est votre témérité.

Prince? Quoi, vous avez la coupable insolence D'étaler à mes yeux un amour qui m ofl*ense. Un amour qui déjà n'a que trop mérité

Une redoutable vengeance?

CIRGÉ, ACTE m, SCÈNE VIL

GLAUCUS

Pouvez-vous nommer crime un amour où toujours

Mon cœur a mis toute sa gloire?

El pour vous avoir voulu croire

Sur cet infaillible secours Qui devait à ma flamme assurer la victoire,

Ai-jedû mériter de vous Les transports où me jette un aveugle courroux? Voyez Sylla, madame, et la voyez pourvue De tout ce qui jamais fut en droit de charmer.

JeTaimais quand je vous ai vue, Est-il en mon pouvoir de ne la plus aimer? J*en ai trop cru l'inutile promesse

Qui m'a fait vous suivre en ces lieux. Votre art devait forcer l'obstacle injurieux Que sa rigueur oppose à ma tendresse.

Il me devait rendre aimable à ses yeux ;

Peut-être un changement semblable Aurait à votre gloire ajouté quelque éclat. Vous pouvez tout encor, mon cœur n'est point in- Et vous savez de quoi je suis capable [grat.

Pour rompre un injuste attentat.

Songez-y de grâce.

SYLLA

Ah! Madame, Vous laissez-vous séduire contre moi ?

Et pour favoriser sa flamme,

Me forçant à manquer de foi Voulez-vous au parjure abandonner mon âme?

CIRCÉ

Non, n'appréhendez rien ; si de votre rigueur Je me suis engagée à lui faire justice. Je ne l'ai prétendu que par le sacrifice

Que je lui faisais de mon cœur.

Il l'ose refuser, je le vois avec honte. Quand je le cacherais, ma rougeur vous le dit;

Et si mon amour interdit Ne souffre pas ma vengeance aussi prompte Que la demande un violent dépit.

Elle en est plus à craindre, et peut-être il suffit Qu'en pouvoir l'univers n'a rien qui me surmonte.

STLLA.

Prince, je ne vaux pas les malheurs que je crains, Voyez-en le péril et rentrez en vous-même. Oubliez qui vous fuit, pour aimer qui vous aime, Et faites-vous enfin raison de mes dédains. Un seul mot peut calmer l'orage qui s'apprête.

GLAUCUS

Moi, qu'aux dépens d'un feu qui s'augmente tou- Je cherche à garantir ma tête [jours»

Du fier éclat de la tempête Qui vous fait trembler pour mes jours ? Qu'elle gronde à ]oisir,bien loin queje m'en plaigne J'aimerai d'autant plus à me trouver surpris

Des malheurs qu'on veut que j'en craigne, Que pour tout autre objet n'ayant que du mépris, L'amour que j'ai pour vous semble augmenter de Par les périls que je dédaigne. [prix>

Ce tendre emportement ne peut-il mériter

Que pour moi la pitié vous touche? N*adoucira-t-il point cette rigueur farouche? Et quand un peu d'espoir commence à me flatter,

Ne sauriez-vous ouvrir la bouche.

Que ce ne soit pour me l'ôter?

CIRCÉ

Joindre sans cesse outrage sur outrage; Tombe la foudre sur ces lieux, Et puisse par un prompt ravage, La flamme dévorant ce palais à ses yeux, Lui faire en même temps craindre et senlirma rage.

SYLLA

Ah ! Prince, redoutez ce que peut son courroux,

Et voyez mieux ce que vous faites.

Ne l'en tendez-vous pas dans son transport jalooi Presser les éléments...

CLAUCUS.

Non, madame, où vous êtes, Je ne vois, je n'entends que vous ; C'est l'effet de votre présence,

GlRCé.

Quoi, la terre, le ciel, tout est sourd à mes cris; Et voyant à toute heure avorter ma vengeance, L'ingrat par de plus fiers mépris.

Triomphe de mon impuissance ?

Que me sert que du sang des dieux Avec éclat le destin m'ait fait naître, S'il me faut endurer qu'un lâche audacieux Confonde, en me bravant, la gloire de mon être? Mais de noires vapeurs obscurcissent les deux, L'airse trouble, et pour moi ce sontd'heureuxprésr Soutenez mon espoir, dieux, qui le connaissez, [ges.

(On voit paraître en l'air plusieurs nuages, qui «'étant ramusés pour enfermer Circé et Sylla, leur donnent Uea à Ibb» et l'autre de se dérober aux yeux de Olancos. Ensaite k nuage s'ouvre et se dissipe des deux côtés du théAtra.)

GLAUCUS

Qu'espérez-vous de ces nuages

Dans l'air par le vent dispersés ?

Ce sont pour vous de faibles avantages, Mais tout à coup je les vois ramassés,

Ils renferment Sylla. Madame, Des charmes de Circé n'ayez aucun effroi,

Son art ne tient point contre moi; Accordez seulement quelque espoir à ma flanune, Et je dissiperai... Mais qu'est-ce que je voi?

Le nuage s'ouvre, il s'envole, Et Sylla, ni Circé... Quel pouvoir absolu

Rend le mien contre elle frivole?

PALÉMON

Pour cette fois vous manquez de parole, Et la magie a prévalu.

GLAUCUS

Dorine.

DORINB,

Qui d'un mot fait descendre les nues, A quelque pouvoir dans son art.

GLAUCUS

Vois ce qu'elles sont devenues.

CIRCÉ, ACTE m, SCÈNE IX.

DORINB.

Je Tais chercher Circé ; mais, à parler sans fard,

Ses Tengeances me sont connues,

Vous y passerez tôt ou tard.

L'amour seul vous en peut défendre, Je TOUS en donne avis, c*est à vous d*y songer,

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