D. JUAN, LUCRÈCE, BÉATRIX, MENDOCE, PHILIPIN
LUCRÈCE
Quoi, sitôt découvert? 0 la triste nouvelle ! Cessons de nous flatter, tout espoir est perdu.
D. JUAN
U me l'a demandé, je l'ai soudain rendu. Ce gage précieux d'une amour toute pure; Mais à ce déplaisir donnez quelque mesure, Je ne saurais me plaindre encor de sa rigueur, U m'a parlé toujours avec grande douceur. Et peut être, madame, il sera moins farouche Quand il saura de vousque mon amourvous touche.
LUCRÈCE
S'il ne tient qu'à cela, croyez que dès demain Lucrèce à don Juan peut promettre sa main.
O. JUAN
0 charmante parole !
LUCRÈCE
Enfln, je vous la donne D'êtreà vous pour jamai««, ou de n'être à personne.
D. JUAN
Que je me tiens heureux de vivre sous vos lois !
MENDOCE, tur la palissade.
Je discerne avec peine un bruit confus de voix.
Je passe assurément sur quelque grande ville.
D. JUAN
Ainsi le ciel pour vous en miracles fertile...
BÉATRIX
Madame.
Que veux-tu? Quelqu'un vient-il ici?
BÉATRIX
Oui, notre bon vieillard, et l'astrologue aussi, lis entrent au jardin.
LUCRÈCE
Quel obstacle à ma joie !
D. JUAN
Ne puis-je m'échapper?
LUilRÉCE.
Non pas sans qu'on vous voie, Cachez-vous promplement, et croyez qu'en tout cas, S'il faut parler pour vous, je ne me tairai pas.